Interview  Salif Bictogo (PCA du Stella) « la Ligue 1 ne doit pas rester à 14 clubs »

Pour la 3e année consécutive, le Stella  d’Adjamé a échoué dans sa quête pour la remontée en Ligue 1. Une contre-performance  qui, toutefois, ne remet pas en cause la détermination de son PCA, Salif Bictogo, à retrouver l’élite du football  ivoirien. De même, le dirigeant plaide pour  une augmentation des clubs au sein de l’élite. Explication!

 Quel regard jetez-vous sur la saison du Stella qui vient de se terminer?

J’avoue que je suis déçu que nous ayons  raté cette montée. Car,  j’estime qu’il y avait de la place pour monter en Ligue 1. On pouvait finir  en tête de notre groupe et retrouver la Ligue 1.

Comment  expliquez-vous ce nouvel échec ?

Nous avons échoué à un point de la montée. En fait, nous n’avons pas été performants dans certains matches clés. On a perdu en aller-retour contre Issia. Il y a aussi eu la défaite à Tiébissou contre  l’Espérance de Bouaké. Ensuite,  nous avons concédé  2 nuls face au dernier de notre poule, Ivoire Académie.  Et à la fin, on n’avait plus notre destin entre nos mains.

Le Stella ne s’est-il pas vu trop beau ? 

C’est possible. C’est un peu notre faute. On devait être plus rigoureux même après  certains matches afin d’être plus régulier. On doit pouvoir être humble pour atteindre nos objectifs.

Le président que vous êtes n’est pas lassé par ces échecs à répétition?

C’est vrai qu’à force d’échouer, on peut être gagné par la lassitude. Mais ce n’est pas le cas actuellement. Je ne suis pas découragé  On va se donner une nouvelle chance de réussir le pari de la remontée l’année prochaine. Dans ce genre de compétition, il ne faut pas de retard à l’allumage. On l’a compris à présent.

N’est-ce pas un aveu d’impuissance pour  une équipe aussi expérimentée que le Stella ?

On apprend tous les jours même si le Stella est une vieille équipe. Depuis trois ans, on est proche de la remontée. Malheureusement, il y a toujours quelque chose qui  manque malgré  tous les investissements que l’on fait. Il faut comprendre aussi que le football n’est pas une science exacte. Il peut y avoir  un petit grain de sable qui grippe la machine. Mais  il est aussi important que  la Ligue  professionnelle songe à réformer  nos différents championnats.

C’est-à-dire ?

L’organisation actuelle de la Ligue 2 doit être revue. Nous avons deux poules qui n’étaient pas équitables. Dans notre groupe, il y avait plus de 7 clubs qui ont une grosse expérience africaine ou qui ont longtemps été  en Ligue 1. Des équipes comme Issia, le Denguélé, Bingerville  ou encore le Séwé ne sont plus à présenter.

Plusieurs voix s’élèvent aussi pour  un accroissement du nombre de clubs en Ligue 1. Qu’en pensez-vous ?  

Comme dans toute activité, des changements sont nécessaires. Il ne faut pas que les choses soient figées. On n’a pas le droit de penser toujours à l’argent en se disant que si on fait des changements, comment on compensera. De même, les clubs de Ligue 1 ne doivent pas se dire que si on accroît le  nombre d’équipes, leur part de la subvention va diminuer. Quand tu es en  Ligue 1, tu es un candidat potentiel  à la Ligue 2 ou la Division 3.

La Côte d’Ivoire peut-elle se permettre d’avoir  un championnat à plus de 14 clubs ? 

La Côte d’Ivoire a les moyens d’organiser un championnat d’élite à 18 clubs. On peut faire fondre la Ligue 2 en une seule poule  de  20 clubs avec les trois premiers qui montent en L1 et le 4e qui dispute un barrage. La Division 3 aurait  36 clubs  repartis en 3 poules  géographiques. Il faut se donner les  moyens de rendre notre championnat plus attractif. Surtout que  la FIF s’occupe du football amateur quand la Ligue professionnelle concerne la Ligue 1 et la Ligue 2.

Y a-t-il vraiment urgence à refonder nos compétitions?

La plupart des championnats en Afrique se déroulent entre 16 et 18 équipes. Hormis le Sénégal qui est une presqu’île. Une grande nation comme la Côte d’Ivoire n’a pas le droit de rester à 14 clubs. Le pays n’est plus divisé en deux, comme il y a une décennie.

Parlons à présent de la AG de la FIF. Comment expliquez-vous le choix du GX de participer à ces assises après le boycott de l’an dernier ?

Il ne s’agissait pas d’un boycott. Nous n’étions pas d’accord sur certains éléments de ces assises notamment les comptes d’exploitation. Cette année, il faut reconnaître que, dans la forme, nous avons obtenu tout ce que nous souhaitions. Cela veut dire que  nous avions raison.  Aujourd’hui, toutes les conditions sont réunies pour la bonne tenue de cette AG.

Nourrissez-vous un regret de ne pas être à  ces assises  du fait de votre suspension? 

Je serai absent mais  mon équipe sera présente. Mais il y a effectivement un regret, car j’aurai pu m’exprimer librement si j’avais l’opportunité d’aller  à l’AG de Yamoussoukro.

S’exprimer sur quoi précisément ?

Je suis de formation comptable. Et donc, quand je parcours le rapport du commissaire aux comptes, il fait beaucoup de réserves sur le bilan financier. Normalement, quand on émet autant de réserves, il ne devrait pas y avoir de certification. Quand on parcourt aussi le compte d’exploitation, certaines choses sont matière à discussion.

 Lesquelles ?

Quand on prend le chapitre frais de fonctionnement qui s’élève à 4 milliards, on ne sait pas ce que ça représente. Même la légende n’indique rien  à ce sujet. Les frais de fonctionnement représentent quoi ? D’autant  que  la masse salariale ou les frais d’organisation sont déjà comptabilisés. Pour les autres rubriques, il y a une légende qui est explicite. Mais ce n’est pas le cas avec les frais de fonctionnement.

Avez-vous relevé d’autres anomalies?

La dette fiscale et la dette sociale n’ont pas changé depuis deux ans alors que l’Etat est un contributeur financier important de la FIF. Il nous donne de l’argent et nous, en retour devons lui en devoir. Ce qui est paradoxale, on fait ressortir un bénéfice de 300 millions alors qu’on doit encore aux impôts. Il  n’y a pas de partage de dividendes à la FIF. Il faut donc payer les dettes. C’est une question de bon sens.

Cette AG  doit logiquement amender certains articles des statuts ? Etes-vous pour ces modifications ?

Il faut laisser les choses en l’état  et laisser la latitude au  nouveau  président  de faire ses réformes. Ce n’est pas à la fin de son mandat que l’on fait des changements. Même nos politiciens annoncent  leur volonté de changer la loi fondamentale quand ils font campagne. Changer les statuts de la FIF n’est pas  plus important que nos problèmes de subvention.

C’est-à-dire ?  

On doit  rassurer les clubs de Ligue 2 et de Division 3  sur le fait qu’ils recevront leur subvention à temps. Quand une subvention vient en retard, il ne sert plus aux joueurs. Alors que  cette manne financière est remise pour leur bien –être. Quand on donne cet argent après le championnats  c’est pour le bien–être de certains dirigeants.

Qu’espérer pour cette  pour cette AG ?

Cette AG doit se passer dans une bonne ambiance et avec la force des arguments. Nous ne devons plus fonctionner en blocs. Le football ivoirien a besoin d’aller de l’avant. Mais le consensus et l’apaisement n’empêchent pas que l’on soit critique. Pour ma part, cette AG doit permettre le renforcement de liens dans la vérité et dans la transparence.

 

 

 

0 Commentaire

Laissez un commantaire

Login

Bienvenue, connectez-vous

Se souvenir Mot de passe perdu ?

Lost Password