Var vole

La Can est finie. Toutes les délégations étrangères ont regagné leur pays. Les deux finalistes sont aussi rentrés à la maison. Ils ont été accueillis de la même manière. C’est-à-dire en héros par leurs pays respectifs. Dakar a déroulé le tapis rouge à ses « héros » vaincus. Alger a sorti le même tapis rouge à ses héros vainqueurs. Quoi qu’il en soit, Algériens et Sénégalais ont célébré la victoire et la défaite à leur manière. Le Sénégal a disputé la deuxième finale de son histoire. Et comme en 2000 au Mali face aux Lions indomptables du Cameroun, les Lions de la Teranga sont de nouveau passés à côté de leur sujet. Maudits Lions. Comme s’ils étaient des damnés à chaque fois qu’ils avaient la chance de disputer une finale de la CAN, les mangeurs de Thiéboudienne se sont de nouveau payé le luxe de laisser le trophée leur filer sous le nez. Si leurs devanciers, El Hadj Diouf, Aliou Cissé, Tony Silva, Kalilou Fadiga sont tombés les armes à la main face au Cameroun, en revanche, la génération actuelle, emmené par l’un des meilleurs joueurs africains de ces trois dernières années, Sadié Mané, s’est fait « hara-kiri » en étant incapable de remonter un but matinal. C’est vrai. Peut-être que si le juge central, le Camerounais Alioum Néant- Néant comme son nom l’indique- ne s’était pas réfugié derrière l’excuse de la vidéo assistance referer (VAR) pour faire un rétropédalage sur sa première décision d’accorder un penalty au une Sénégal pour faute de main évidente, rien ne dit que le Sénégal connaîtrait ce même destin de perdant. Mais hélas ! Mille fois hélas, le VAR est passé par là. Et le Sénégal est tombé par la faute du VAR. Mais par sa faute aussi. Ceci étant, nous l’avons dit une fois dans ces mêmes colonnes. Cet instrument de haute technologie ne doit pas décidé à la place du directeur du jeu. Seul juge du jeu, l’arbitre doit faire appel à son intime conviction pour asseoir sa décision. Et la prendre en son âme et conscience. Or ici, on a le sentiment qu’il préfère fuir ses responsabilités en se déchargeant sur l’assistance vidée. Or on dit bien « assistance ». C’est qu’il assiste l’arbitre au même titre que ces deux assistants dans un match de football. On ne dit pas « décision vidéo », c’est-à-dire que l’image de la vidéo est parole d’évangile comme le disent les chrétiens. Il est donc temps que la FIFA et l’International Football Association Board (IFAB) reviennent sur l’utilisation de ce nouvel instrument de jeu, en accordant la primauté de la décision au juge du jeu. Et non à la machine. Car, ce VAR-là commence sérieusement à nous agacer. A nous voler aussi. Ceci étant, la CAN est finie. En termes de bilan à l’ouest, rien de nouveau. Car, les grands sont restés à leur place. Certes quelques-uns comme le tenant du titre, le Cameroun, le Ghana, la RD Congo, le Maroc et la Côte d’Ivoire sont passés à la trappe. La RD Congo et le Maroc ont même été humiliés par de petites nations de football comme Madagascar et le Bénin. Sinon à part ces deux grosses surprises, tout le reste du menu fretin est resté à sa place. Le Zimbabwe, le Burundi, la Tanzanie, la Namibie, la Mauritanie, la Guinée-Bissau sont rentrés plutôt que prévu au pays. Comme quoi, la CAN à 24 n’a pas tout à fait confirmé la montée en puissance des petites nations du football. En attendant, la CAF a déjà fait son bilan. Son président malgache, Ahmad Ahmad se lèche les babines. Et se frottent les mains. Tant la moisson est bonne. D’autant que la CAN a permis à l’Institution d’engranger quand même la coquette somme de 50 milliards en guise de bénéfice. La CAN est finie. Bel et bien finie. Et chacune des 24 équipes est retournée dans son pays. Elles ont commencé à faire leur bilan. Certaines ont limogé leur sélectionneur. Comme le Cameroun, la Guinée, l’Ouganda, la Tanzanie et le Maroc qui a accepté la démission d’Hervé Renard. Sauf volte-face extraordinaire, le Congolais Florent Ibenge et le Sénégalais Aliou Cissé devraient suivre. Le premier a fait 5 ans à la tête des Léopards. Il n’a toujours rien gagné. Aliou Cissé a fait 4. Il n’a aussi rien gagné. Sauf qu’il a emmené les Lions de la Téranga en Coupe du monde. Et chez nous ici ? La démission ou le limogeage de Kamara Ibrahim n’est pas à l’ordre du jour. Ni le bilan de la CAN. Encore moins des 4 milliards qui ont servi à cette campagne qui s’est achevée en eau de boudin pour les Eléphants. Mais vous avez dit échec ? Non, pas vraiment. Nous ne sommes pas sortis « gbazan ». Car, si le foot ivoirien n’a pas gagné la CAN, il n’est non plus pas revenu les mains vides. Il est renté avec un trophée : celui de la bonne gouvernance. Remporté par Brizoua Bi. Le fils du père.

Kambiré Elie

 

 

 

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