Une finale pour deux cracks

Ce n’est pas tout à fait une surprise. Car, comme il fallait s’y attendre, ce sont les deux meilleures équipes qui disputeront la finale de cette 32ème édition de la CAN. L’Algérie et le Sénégal. Deux cracks en quelque sorte. Et comme par hasard, tous les deux sont issus du même groupe C. En plus, l’un des deux finalistes, l’Algérie, fait partie des trois équipes au parcours sans faute en phase de groupe. Soit 9 points pris en trois matches. Il s’agit de l’Egypte, du Maroc et de l’Algérie. Le Sénégal, lui, a terminé 2ème derrière l’Algérie avec 6 points. Et la seule défaite des Lions de la Teranga fut face à l’Algérie : 0-1. Autant dire que l’avantage psychologique est du côté algérien. Et la vengeance ou revanche, du côté sénégalais. Mais Dame Coupe étant capricieuse, elle n’accordera ses faveurs qu’au plus audacieux. Au plus téméraire des soupirants. Parfois aussi au plus chanceux. Sinon, en termes de contenu, en termes de savoir-faire et au vu de leurs prestations en 6 matches, le trophée devrait séjourner à Alger. Mais le football est ce qu’il est. C’est-à-dire, avec son cortège d’incertitudes, de suspense et…de surprises. De là donc à faire de l’Algérie, un suzerain et du Sénégal, un vassal, hum, hum, hum…  Mais, en attendant, les Ivoiriens peuvent nourrir des regrets. Et à raison. Car, leur équipe aurait pu être à la place de l’Algérie. Ou même du Sénégal. Parce qu’elle avait là un bon coup à jouer. Et une place de finale à prendre. Il aurait tout simplement fallu qu’elle prenne des risques dans le jeu. Qu’elle ait été plus ambitieuse dans son expression collective. Et qu’elle ait démontré un plus grand savoir faire dans le contenu de ses matches. Pour cela, il eut fallu que le staff technique fasse une utilisation efficiente et rationnelle de cette addition de talents dont regorge la sélection ivoirienne. Certains d’entre vous l’auront remarqué. Sans doute. L’Algérie a mieux joué contre le Nigéria que contre les Eléphants. En effet, en nous livrant à un inventaire des 6 matches, un constat saute aux yeux. C’est contre la Côte d’Ivoire que l’Algérie a disputé son plus mauvais match. Elle est apparue craintive et apeurée, prudente et attentiste, dans le jeu lors de ce quart de finale contre les Ivoiriens. Parce qu’elle n’a pas voulu s’exposer au savoir-faire des talents ivoiriens dans les duels à un contre un. Pour tout dire, l’Algérie a eu plus peur des Eléphants que des Super Eagles. Mais une grande équipe c’est aussi de grands joueurs. Et c’est en comptant sur un grand Riyad Mahrez, auteur d’un magnifique coup franc à la dernière minute de jeu, qu’elle est en finale. Mettant ainsi fin à une disette de 29 ans. Soit depuis leur sacre à domicile en 1990. Pour le Sénégal, 17 ans après. Mais en attendant la finale, les Ivoiriens sont en train de refaire le match avec des si. Car, ce que Marhrez a réussi, qu’est-ce qui prouve qu’un Nicolas Pepé ne l’aurait pas réussi s’il était entré en cours de match ? Ou qu’une  accélération d’un Gervinho n’aurait pas envoyé les Eléphants en finale s’il avait été là ? Ou s’il n’avait pas été victime d’un règlement de compte avec les dirigeants fédéraux ? Pourquoi avoir retenu un Bony Wilfried, en panne de temps de jeu en Europe, au détriment d’un Gervinho, auteur d’une belle saison en Italie avec Parme ? Les questions et les si s’enchaînent. Sans nous donner des réponses. Parce que la Fédé n’en veut pas.

Kambiré Elie

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