Tout va bien Madame la Marquise !

Le football ivoirien va bien. Il ne marche pas non plus sur la tête. Il a même fière allure. Parce qu’il fait de bons résultats. Et à son actif, deux trophées. Et non des moindres : CAN 2015. Celle des cadets en 2013. Le foot ivoirien est même redevenu dynamique et compte de nombreux acquis. Seules les mauvaises langues, ces négateurs patentés de la vérité oseront soutenir le contraire. D’ailleurs, on est fatigué de ces menteurs. On n’en a marre de ces éternels empêcheurs de tourner en rond. Qui, depuis le changement de gouvernance à la tête de la faîtière, se sont inscrits dans une opposition systématique. Ils peignent tout en noir et pourtant le tableau est si reluisant. Halte, ça suffit ! Oiseaux de mauvaise augure, fermez la ! Car, le chien aboie, la caravane passe. Même si le cabot est en train de partir avec son os. Mais qu’à cela ne tienne. Puisque tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes, pour paraphraser le philosophe allemand, Leibniz. Les matchs des championnats se jouent-ils avec des feuilles volantes à la place de vraies licences, mais « tout va très bien Madame la Marquise. » La FIF traîne-t-elle des impayés auprès de son prestataire tunisien, NARSIL Technology, toujours est-il que « tout va très bien, Madame la Marquise ! » La Ligue 1 observe-t-elle une si longue trêve, n’empêche que  « Tout va bien Madame la Marquise. » Me Roger Ouégnin est-il victime d’un déni de justice à cause de l’incapacité de la FIF à statuer sur son mémoire de recours, après sa suspension de 12 mois d’interdiction de stade que « Tout va bien Madame la Marquise. » Les subventions des clubs tombent-elles aux compte-gouttes, pour sûr « Tout va bien Madame la Marquise. » Tout le monde l’aura donc compris. Le football ivoirien va bien. Il ne marche plus sur la tête. D’autant plus que même en étant médiocre, il gagne. Que veut-on de plus ? Et puis, entre nous, n’est-il pas mieux d’avoir à la tête de ce football-là, un dirigeant médiocre qui gagne plutôt qu’un président, fut-il, brillant et excellent mais qui n’a remporté qu’un seul trophée en 30 ans ? Après tout, tant pis, si ce président médiocre est au bon endroit au moment, et qu’il ait profité du travail d’un président fossoyeur du football ivoirien pour gagner. Pourquoi devrions-nous chercher des poux dans les cheveux de ce médiocre président qui gagne, quand à, l’opposé, le brillant et excellent dirigeant de club fait ses AG devant à peine une poignée d’actionnaires ? Mais si ce n’est pas une histoire d’ingratitude, il est incompréhensible que ce brillant dirigeant qui a mis les joueurs issus de son Académie à la disposition des Eléphants, ainsi que ses installations sportives n’ait en tout et pour tout remporté qu’un seul trophée de C1 en 30 ans. Ainsi va la vie. Il y a ceux qui font manger le roi. Et ceux qui mangent aux côtés du roi. Cela nous amène, bien entendu, à nous interroger : Quelles sont les retombées dont a bénéficié le football ivoirien avec ce trophée de la CAN ? Et en dehors de la joie que ce deuxième titre a procurée aux Ivoiriens, qu’est-ce que les clubs et les supporters ont gagné dans ce succès ? Rien. Et pourtant, il aurait fallu que la FIF capitalise autrement les retombées du sacre de Bata. C’est-à-dire que le trophée soit l’élément déclencheur pour un retour du public dans les gradins. Et ce à travers une belle promotion des matches de la Ligue 1. En d’autres termes, la FIF aurait pu présenter la Coupe lors des matchs de Ligue 1, en faisant donner le coup d’envoi par un champion d’Afrique, comme cela se passe ailleurs. Or, aucune initiative n’a été prise à cet effet. Ni aucune cérémonie organisée dans ce sens pour la promotion du championnat ivoirien. Et pourtant, nous savons tous que les compétitions domestiques n’attirent plus du monde depuis des années. Mais, au lieu de cela, sous le prétexte de contribuer à la réconciliation, les dirigeants fédéraux se sont servis du trophée  pour un tourisme politique. Mais diantre, pourquoi le football doit-il être l’otage du politique ? D’ailleurs, si tant est qu’en allant à Gagnoa, l’objectif de la faîtière était d’apporter sa pierre à l’édifice de la réconciliation, pourquoi n’a-t-elle pas visité les 31 régions du pays ? Voilà pourquoi,  il aurait fallu, pour une question de bon sens, que le trophée visitât aussi Bouaké qui fut l’épicentre même de la crise militaro-politique qui déchira la Côte d’Ivoire. Il aurait aussi fallu que la Coupe allât dans les villes de Korhogo, Man, Bouna, Abengourou, Bondoukou, Odienné, Vavoua, Daloa, etc. Mais que le périple ne s’arrêtât pas uniquement à Gagnoa. Ni a Djékanou. Et que le trophée ne marquât non plus pas un arrêt à Bingerville. Chez qui on sait. C’est vrai. Et aucun d’entre nous n’a dit le contraire. Notre football marche bien. Mais tout dépend de l’angle sous lequel on se situe.

Kambiré Elie

 

 

 

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