Toujours rusé comme un Renard

C’est vrai. Ne nous empressons pas de mettre la charrue avant les bœufs. Et évitons de leur faire dès maintenant un mauvais procès. D’autant plus que la compétition n’est pas terminée. Et puis, c’est une vérité presque universelle en football. Ce n’est pas parce qu’une équipe a perdu un match que tout est perdu. C’est-à-dire qu’elle ne pourra plus couper la banderole d’arrivée pour soulever le trophée. Non, le football est imprévisible. Voilà pourquoi on dit qu’il est magique. D’ailleurs, l’exemple de la Seleção das Quinas du Portugal est là pour nous le rappeler. En effet, au bout d’un parcours clopin-clopant à l’Euro 2016 en France, marqué par des nuls et des victoires aux tirs au but, le quintuple Ballon d’Or et ses coéquipiers se sont qualifiés pour le huitième de finale, dans leur groupe F, en tant que meilleur troisième avec trois matches nuls : 1-1 contre l’Islande, 0-0 contre l’Autriche et 3-3 contre la Hongrie. Au final, ils ont battu la France pour remporter le titre continental de leur histoire. Mais, comparaison n’est pas raison. Et entendons-nous bien. Nous ne disons pas que les Eléphants feront comme la Seleçăo de CR7. Mais s’ils le font aussi c’est tant mieux. Cependant, rien ne dit aussi que les Ivoiriens ne doivent plus croire en la capacité de leur Equipe nationale à relever la tête après le revers qu’elle a subi face au Maroc. Et qu’elle est de facto condamnée à rentrer plus vite que prévu au bercail, avec sa colonie de délégation ministérielle, d’autorités fédérales, de dirigeants de club et d’anciens joueurs convoyés aux bons soins de la faîtière, de supporters et de journalistes. Non, puisqu’au pire des cas, avec un succès face à la Namibie, aujourd’hui après-midi, elle pourra terminer meilleur troisième. Pourvu cependant qu’elle sache bien négocier ce dernier match face à la Namibie. Mais si ce n’est pas le cas, c’est qu’elle est damnée. Tout simplement. Mais espérons que ce ne soit pas le cas. Mais, ceci étant, après avoir vu et revu le match rediffusé à deux reprises sur une chaîne de télé cryptée, on ne comprend toujours pas comment cela a pu arriver. Et pourquoi les Eléphants ont déjoué. Qu’est-ce qui n’a pas marché, d’autant qu’en termes de qualités individuelles, de valeur intrinsèque, la sélection ivoirienne n’est pas moins lotie ou nantie que sa consœur marocaine ? Mais au-delà des interrogations, des questions, des récriminations, voire des regrets qu’on a éprouvés après avoir regardé le match, on comprend difficilement que le sélectionneur national, Kamara Ibrahim, n’ait pas anticipé sur la stratégie de son homologue Français, Hervé Renard, ni même, 90 minutes durant, trouver la solution pour contourner l’option tactique de celui-ci. Car, tout le monde savait que rusé comme un renard, le Renard d’Hervé, en fin tacticien, allait engager la bataille sur le terrain tactique. Et pour avoir côtoyé le Français pendant un an et demi sur le banc de touche des Eléphants, Kamara Ibrahim ne pouvait pas ne pas savoir qu’au-delà des talents, la clé de cette opposition serait d’abord tactique. Avant tout autre chose. On a vu les Marocains venir à trois sur les individualités ivoiriennes, en l’occurrence, Nicolas Pepé, Gradel, Kodjia et Cornet, comme exactement ce que l’Algérie a fait au Sénégal en mettant en place un dispositif de jeu pour neutraliser les Sadio Mané, Mbaye Niang, etc. En fait, c’est devenu une maladie chronique, les sélections sub-sahariennes ont souvent éprouvé des difficultés à relever le défi tactique que les équipes de l’Afrique blanche leur imposent. Il faut donc qu’elles se mettent au travail pour corriger cette faiblesse. Car, un match de football se gagne d’abord à partir d’une stratégie bien élaborée. Et aucune équipe ne peut gagner un match si elle est incapable d’élaborer un schéma tactique, bien pensé, efficace et efficient. Et la Côte d’Ivoire l’a de nouveau appris à ses dépens. Car, si Hervé Renard s’est appuyé sur une bonne base tactique pour lui donner le trophée continental en 2015, c’est aussi le même Renard qui l’a battue à trois reprises en lui imposant sa science tactique. Aussi, le bon sens voudrait que, quand un entraîneur vous bat trois fois en trois matches, vous ne devez éprouver aucune honte à aller le chercher. Ni aucune susceptibilité à lui demander pardon pour qu’il revienne reprendre le beau travail qu’il avait commencé en 2015. C’est-à-dire là où il avait laissé cette belle œuvre avant d’être forcé à partir. Par votre faute. Question de bon sens. Et non d’orgueil. D’autant plus qu’aujourd’hui, un tel entraîneur ne court pas les rues. A bon entendeur…

Kambiré Elie

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