Temps de bilan, l’heure des comptes

La Can est finie. Du moins pour les Eléphants. Sinon les autres ont continué. L’Algérie, tombeur de la Côte d’Ivoire, a écarté le Nigeria de la route de la finale. Le Sénégal qui a vaincu difficilement le vaudou béninois s’est offert une seconde finale de son histoire, après celle de Ghana/Nigeria 2000, en disposant de la Tunisie. En clair, la finale de cette 32ème édition opposera les deux cracks du football africain qui méritent d’être là où ils sont : le Sénégal et l’Algérie. Pour les autres rendez-vous en 2021, au Cameroun. La CAN est donc finie pour les Ivoiriens. Ils sont rentrés à Abidjan. Sans tambour, ni trompette. Mais sans toute honte bue. Puisque les Eléphants font partie du top 8 des meilleurs du continent. N’empêche que, certains ivoiriens n’ont pas encore fini de ravaler leurs récriminations. Ni de taire leurs jérémiades. Car, le gâchis est là. Enorme. C’est vrai. En allant à rebrousse-poil des satisfécits décernés çà et là aux Pachydermes ivoiriens pour avoir au moins atteint les quarts de finale au moment où personne ne s’y attendait, il ne faudrait pas s’étonner que d’autres prennent la mouche. Car, ils estime que, bien qu’éliminés en quart, les Eléphants ont bien joué. Et ils sont contents. Eux ce sont les « il ne faut pas demander au bon dieu sa barbe. » De même qu’en prenant également le contre pied de tous ceux qui estiment que les Eléphants sont tombés les armes à la main, au risque d’être traité de mal luné, de rabat-joie et d’éternel grognon, il nous paraît cependant injuste de ne pas qualifier cette campagne d’échec. Car, une équipe de la trempe de la Côte d’Ivoire, quelle que soit là où elle est partie pour arriver là où elle se trouve, peu importe aussi qu’elle soit en phase de construction ou pas, ne peut pas se contenter de si peu. En tout cas, au regard de la qualité de son potentiel, elle devrait au moins atteindre le dernier carré. Car, quelle que soit l’adversité,  rien ne l’empêchait de se forger un destin de vainqueur dans son duel au couteau avec l’Algérie. En termes de talent, elle était nettement au-dessus de l’Algérie. Et même d’autres sélections. Mais là où elle a péché, c’est dans le jeu. C’est-à-dire, dans l’expression collective. Dans le contenu de ses matches, notamment face à l’Algérie, où elle nous a semblé manqué d’ambition. Autrement dit, face à un adversaire algérien apeuré, quelque peu craintif des individualités ivoiriennes, les Eléphants n’ont su forcer le destin comme l’ont fait leurs devanciers de 2015 contre ces mêmes Fennecs. Et si on ajoute les erreurs de coaching de Kamara Ibrahim, notamment dans les changements où il a préféré Bony à Pépé, les renards algériens ne pouvaient qu’être veinards. La Côte d’Ivoire peut donc se mordre les doigts. Car, si elle n’était pas retombée dans ses travers vers la fin du match et dans la deuxième mi-temps des prolongations, elle aurait pu obtenir sa qualification sur le terrain. Malheureusement, elle est restée derrière pour attendre les tirs au but. Il lui fallut tout simplement oser dans la prise d’initiative, au niveau des risques pour faire douter cet adversaire un tant soit peu fatigué et émoussé vers la fin. C’est en cela qu’aurait été judicieuse la rentrée d’un joueur frais comme Nicolas Pépé, dont la pointe de vitesse et la percussion auraient pu apporter une plus-value dans le jeu offensif des Eléphants. A l’heure du bilan, on ne peut pas ne pas relever tous ces manquements dans le coaching de ce match. Ni ne pas faire un inventaire parcimonieux de toutes les approximations constatées dans les quatre prestations des Eléphants. Il importe à présent de tirer les leçons de cet échec. Car, ne pas le faire ou chercher à le mettre sur le compte des pertes et profits serait inadmissible. Voire inconcevable pour une Fédé qui prétend respecter les règles de la bonne gouvernance. D’autant qu’on ne saurait préparer le futur sans s’appuyer sur le passé. Bon ou mauvais. Or que constatons-nous ? Qu’il s’agisse du football domestique comme des sélections nationales, les autorités fédérales gèrent le football comme si c’était leur propriété privée, en écartant d’autres compétences, au profit des dirigeants à leur solde. A leurs bottes. Au demeurant, au sortir d’une telle mésaventure, deux questions essentielles brûlent nos lèvres. Kamara Ibrahim est-il le sélectionneur qu’il faut à cette sélection juvénile et en pleine épanouissement? Peut-il valablement conduire les Eléphants, nouvelle génération, à bon port, c’est-à-dire à la qualification pour la CAN 2021 et aux Eliminatoires du Mondial 2022 ? Mais, pendant que les Ivoiriens s’interrogent, Kamara, lui, s’est déjà projeté vers l’avenir : 2021. Sans même attendre que ses employeurs fassent le bilan de cette CAN à leurs mandants et aux Ivoiriens, il a d’ores et déjà décrété : « J’y suis, j’y reste ». Sacré « Kam so ». Veinard qu’il est. Ceci étant, si la CAN 2019 s’est soldée par un fiasco pour les Eléphants stoppés en quart de finale, elle exige de la Fédé qu’elle fasse son bilan. Aussi bien sur le plan des résultats technique que celui de la gestion financière. Elle doit, en effet, nous dire combien cette CAN a finalement coûté. Juste une question de bon sens. Rien que pour l’éthique. Ne serait-ce que pour la morale. Et la transparence. L’heure des comptes a donc sonné pour la FIF.

Kambiré Elie

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