Salif Bictogo ( Pdt Stella d’Adjamé): “Pour moi, les groupements d’intérêt ne doivent pas avoir le droit de vote”

Dans cette 2e partie de l’entretien qu’il nous a accordé, Salif Bictogo met les pieds dans les plats en souhaitant un vrai débat sur le droit de vote des groupements d’intérêt.

Quelles sont vos attentes concernant ce Comité de Normalisation ?

La leçon à retenir c’est que les prochains dirigeants ne devraient pas être là pour combattre les gens. Mais pour gérer les intérêts du football. Les enjeux sont énormes. Il y a des échéances importantes telles que la CAN  2021, les Eliminatoires du Mondial 2022 et l’organisation de la CAN  2023 en Côte d’Ivoire. On ne doit pas rater le coche.

Dites-vous cela parce que les Comités de Normalisation ont souvent été des échecs en Afrique ?

C’est vrai que les Comités de Normalisation n’ont pas toujours été une réussite en Afrique. Cette transition peut bien se passer comme au Ghana ou s’enliser comme au Cameroun ou au Mali. C’est bien pourquoi je suis mesuré. Nous devons faire attention.

Comment ?

La mise en place d’un Comité de Normalisation veut dire qu’il y avait un problème à la FIF. C’est pour cela que je suis mesuré actuellement. On ne tire pas sur une ambulance.

Que proposez-vous ?

La plupart des Comités de Normalisation ont été mis en place à cause de problèmes électoraux. C’est aussi le cas pour la FIF. Si on doit continuer d’agir en clans irréconciliables, on ne s’en sortira pas. En pareille situation, nous devons nous unir et aller à l’essentiel. C’est-à-dire qu’il faut sauver notre football et recommencer à jouer.

Justement, n’avez -vous pas des craintes concernant la reprise surtout que le communiqué de la FIFA ne fait nullement allusion au championnat ?

Quand on lit le contenu du communiqué, en aucun moment, la FIFA n’a fait référence effectivement à notre football qui est à l’arrêt. Je pense donc que nous devons nous organiser en conséquence. Le Comité de Normalisation ne décidera pas et ne fera rien sans nous.

Qu’est-ce qui bloque le lancement du championnat ?

On aurait pu débuter le championnat depuis longtemps si la Ligue Professionnelle n’avait pas fait du deux poids deux mesures avec cette histoire de tournoi de montée. D’un côté, on désigne le Racing d’Abidjan champion de la Ligue 1. Et de l’autre, on demande à la Ligue 2 de faire un mini-tournoi alors que les deux Ligues ont le même règlement. On ne peut pas démarrer le championnat quand on ne respecte pas les règles.

L’avènement du Comité de Normalisation ouvre donc la voie au règlement de votre litige avec la Ligue Professionnelle ?

Il n’y a pas de litige en réalité. Il y a seulement une Fédération qui a voulu fouler au pied les textes. Nous n’avons pas pu relancer le championnat parce qu’il y avait d’autres problèmes en suspens. 

Lesquels ?

Je me dis qu’avec la forclusion du mandat du Comité Exécutif, les sponsors n’ont pas voulu prendre d’engagement avec le Comité Exécutif sortant. Cette FIF n’inspirait pas confiance vu que nous n’avons pas reçu les fonds COVID-19 de la FIFA.

Comment regagner cette confiance ?

Je le dis et le répète : la Ligue Professionnelle doit revenir aux clubs. C’est ce qui se fait partout. Le championnat professionnel ne doit pas s’arrêter. Raison pour laquelle,  nous avons intérêt à nous organiser pour reprendre notre Ligue en main afin de reprendre le championnat malgré l’arrivée d’un Comité de Normalisation. C’est nous qui devons entreprendre cette démarche. 

Pensez-vous que ce Comité de Normalisation réussira sa mission d’ici le 31 décembre 2021 ? 

A nous de faire en sorte que le délai d’exercice de ce Comité de Normalisation soit assez court. On peut réussir ce pari avant décembre 2021. Tout va se jouer sur l’épineuse question du toilettage des textes.

Justement, êtes-vous d’accord sur le fait qu’il faille réviser les textes de la FIF maintenant ?

C’est une nécessité de revoir nos textes. Car certains points portent les germes de conflit. On a été un peu rattrapés par notre laxisme. Un toilettage des textes s’impose.

Ce toilettage pourrait se situer à quel niveau ? 

Il pourrait notamment porter sur le droit de vote des groupements d’intérêt. Est-il pertinent que ces structures puissent voter ? La question mérite d’être posée.

Quel est votre avis sur la question ? 

Pour moi, les groupements d’intérêt ne doivent pas avoir le droit de vote pour une question d’impartialité. En 2011, j’étais candidat à la présidence de la FIF. Je n’avais pas été soutenu par l’amicale des arbitres qui par la suite officiait durant mes matches. C’est une situation incongrue. Comme l’est le fait que le corps médical qui est censé soigner tout le monde prenne position pour un candidat lors d’une élection.

Reste tout de même que les groupements d’intérêt sont des acteurs du football…

Je ne remets pas en cause cette réalité. Je relève seulement le problème d’éthique que cela soulève. Voyez-vous, si on dit que les acteurs du football sont des groupements d’intérêt, on doit pouvoir autoriser les supporters voire même les journalistes. Au demeurant, les textes actuels ne représentent pas tous les acteurs de notre football.

C’est-à-dire ?   

Les Ligues et même les clubs de football féminin ne votent pas actuellement alors qu’ils sont des composantes importantes de notre sport. C’est une injustice à laquelle il faut mettre fin.

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password