Quand un tueur vous manque

Les Eléphants ont bien joué. Ils ont perdu. Ils jouaient mal. Mais ils gagnaient. Quoi qu’il en soit, ils ne disputeront pas les demi-finales. Ils ne feront pas non plus partie du top 4 des meilleures équipes du continent. Mais le fait d’avoir atteint les quarts de finale peut-être considéré comme un pari gagné. A moitié. Car, cette équipe-là a fait plus que ce qu’on attendait d’elle. En plus, elle est tombée les armes à la main. Après prolongations. Et aux tirs au but. Une épreuve irrationnelle du reste. Bref, après avoir livré l’un de ses meilleurs matches dans cette édition 2019 de la CAN, la Côte d’Ivoire va hélas rentrée plus tôt que prévu sur les bords de la lagune Ebrié. Mais contrairement à leurs quatre derniers matches, les poulains de Kamara Ibrahim ont montré qu’ils pouvaient produire du jeu. Même si au final, l’aventure s’est arrêtée. C’est vrai : « Eléphants, jouez mal mais gagnez », avions-nous titré dans notre édition d’hier. Peut-être que s’ils nous avaient écouté, ils auraient répété leur même football insipide, indigeste et brouillon, ils seraient en demi-finale. Et nous serions en joie. En train de rire. Mais non pleurer. Ni, ce matin, en train de refaire le match. En passant et repassant dans nos têtes le match. Et en regrettant les deux actions de but ratées de Jonathan Kodjia, la reprise de volée manquée de Wilfried Zaha. Ainsi que cette posture inadmissible de Bony Wilfried qui, comme un sénateur, est allé tirer son tir au but. Et le rater. Mais nous n’allons pas refaire le match avec des si. Le vin étant tiré, il faut le boire. Modérément. Ceci étant, dans cette drôle de partie de poker menteur où chacune des deux équipes, en définitive, avaient besoin d’attaquer sans trop se découvrir, on ne peut pas reprocher aux Ivoiriens de n’avoir pas produit du jeu. Ils ont surtout observé une rigueur dans le jeu qu’on ne leur connaissait pas auparavant. Même si par moments, certains d’entres eux ont connu des errements qui ont failli coûter cher, n’eut été un grand Sylvain Gbohou. Mais qu’on ne s’y trompe pas. Car, si les Eléphants ont semblé prendre le jeu à leur compte en début de match surtout, c’est parce que les Fennecs n’ont pas voulu se découvrir. Et si hier, l’Algérie est aussi apparue moins mordante dans le jeu, ni pimpante et fringante au niveau de sa maîtrise collective, contrairement à ses précédentes sorties, c’est tout simplement parce qu’elle avait peur des attaquants ivoiriens. Contrainte de ne pas trop se découvrir pour ne pas s’exposer au génie des attaquants ivoiriens, elle a donc volontairement laissé le jeu à son adversaire, en espérant user de contre-attaques pour surprendre les Eléphants. Et le but de Feghouli (39e) est arrivé à la suite d’une balle de contre. Hier, les Fennecs ont, en tout cas, eu bien du mal à mettre leur jeu en place. Et la Côte d’Ivoire, de son côté, a su bien gérer le match. Elle a su bousculer un adversaire craintif et quelque peu apeuré. Malheureusement, il lui a manqué un vrai renard des surfaces. Un véritable tueur pour terrasser les Fennecs et poursuivre l’aventure. En fait, on peut reprocher à Kamara Ibrahim de n’avoir pas jeté plus tôt un Maxwel Cornet dans le bain. Et d’avoir préféré un Bony Wilfried à un Nicolas Pépé dont les frappes à mi-distance ou les coups de pied sur balle arrêtée auraient pu offrir une fin de match plus heureuse que ce vent de tristesse, de regret et de mélancolie qui souffle sur le football ivoirien. Parce que la symphonie fut inachevée.

Kambiré Elie

 

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