Quand le COCAN fait débat

Palabre pour le contrôle COCAN. Ainsi, devrait-on intituler cette pièce théâtrale surréaliste qui se produit sous nos yeux.  Le COCAN, objet de toutes les convoitises est, en effet, au centre d’une guerre à fleurets  mouchetés entre l’autorité de tutelle et l’autorité sous tutelle. Les deux entités se battent, en effet, pour le contrôle de l’organisation de la CAN 2023. Le spectacle est inédit. Et triste. Que d’un côté, le ministère des Sports, autorité de tutelle et, de l’autre, le COCAN, structure sous tutelle, n’arrivent pas à accorder leur violon autour d’une table de discussion, au point d’exposer leurs divergences sur la place publique, montrent bien que les rapports entre les deux camps ont atteint le stade de non-retour. Il s’agit de faits, suffisamment graves, de nature à jeter le discrédit sur le football ivoirien, déjà sous normalisation. Chaque camp se renvoie, en effet, la balle. La tutelle est en train de se donner des arguments juridiques pour procéder au démantèlement du bureau du COCAN. A cet effet, elle a programmé un atelier de « réflexion sur l’organisation de la CAN Côte d’Ivoire 2023.» De son côté l’équipe de Kessé Feh Lambert a produit, curieusement, un rapport d’activités pour nous montrer qu’elle travaille. Et qu’elle n’a non plus pas chômé depuis 4 ans qu’elle est là. Puisqu’elle a été créée par décret n°2017-408 du 21 juin 2017. Et son président nommé par décret n°2017-490 du 26 juillet 2017. Elle ne se la coule donc pas douce aux frais de la princesse. Et ce, contrairement aux ragots colportés par des mauvaises langues. Aussi, serait-il intéressant que, là aussi, un audit soit diligenté pour que lumière soit faite sur la gouvernance de ce COCAN. Comment l’argent du contribuable est dépensé et qui perçoit combien, comment les contrats sont signés et qui fait quoi. Car, trop de choses se disent sur ce COCAN. Mais passons. Pendant que la tutelle a initié un atelier sur le COCAN, le COCAN est aussi sorti de son long sommeil. Et en guise de réponse à la bergère, le président Kessé Feh Lambert a chargé sa Commission média de nous produire un long rapport d’activités. En 8 chapitres s’il vous plaît. Suivi d’un atelier, le 17 mai dernier, avec pour thème : « des Commissions techniques en phase pré- opérationnelle sur la CAN 2023. » Or donc, il a fallu que la tutelle attaque pour que Kessé et son staff se réveillent. Autrement dit, si le ministre des Sports n’avait pas mis ce coup de pied dans la fourmilière, il ne serait pas en train de se débattre comme un cocorico qu’on vient à peine d’égorger. C’est certain. En fait ce COCAN-là vivait en vase clos. Presqu’en autarcie. Il a mené une vie d’ermite pendant pratiquement 4 ans. Comme s’il lui fallait cacher quelque chose. Le voilà donc subitement sorti de son coma. Sans doute de peur d’être enterré « vivant. » Mais à dire vrai, cette crise qui secoue le COCAN ne surprend guère. Il y a longtemps qu’elle couvait sous les cendres. Mais si, elle a aujourd’hui éclaté au grand jour, par la tutelle, il y a une raison à cela : « les deux anges gardiens » de Kessé Feh, en l’occurrence, Amadou Gon Coulibaly et Sidy Diallo ne sont plus de ce monde. Pour le reste, que le ministre lui tranche la tête sur la place publique ou non, c’est le COCAN qui a prêté le flanc. Car, quand il était sous la coupe de ses deux « protecteurs », son président s’était cru  « in-tou-cha-ble » qui n’avait de comptes à  ne rendre à personne. Sauf  à  AGC et à ASD. Seulement voilà. Les choses ont changé. Le ministre Paulin Claude Danho a retrouvé la plénitude de sa fonction. Il veut mettre de l’ordre dans sa « maison ». Car, après tout c’est, lui, la tutelle du COCAN. Mais, il n’a pas dit qu’il veut diriger le COCAN. Il n’a, non plus, pas dit qu’il compte faire comme le Cameroun ou la Guinée dont les deux ministres des Sports sont les présidents du COCAN. Mais juste apporter quelques ajustements. Apporter des corrections. En éjectant les 4 membres de la FIF qui n’y ont plus droit. Tous ont été nommés sous l’empire de l’ancienne FIF, dont Kessé Feh et son 1er vice-président, Diabaté Sory. Or, un Comité de Normalisation dirige aujourd’hui le football ivoirien. D’ailleurs, la nomination des membres de ce COCAN pose problème. Elle ne repose sur aucun critère objectif, si ce n’est sur la base des affinités et autres accointances de l’ex-président de la FIF avec les uns et les autres. C’est ce qui explique que certains dirigeants de premiers plans, dignes ambassadeurs du football ivoirien ont été ignorés. A titre d’exemple : Didier Drogba, Touré Yaya, Me Roger Ouégnin, Jacques Anouma, Yéo Martial et même des dirigeants de clubs comme Salif Bictogo, Adou Niangon, etc. En fait, le président du COCAN s’est cru tellement si fort, si intouchable, qu’il s’est lui-même fait hara-kiri. Il a donné le bâton à ceux qui n’attendaient que ça pour lui couper la tête. A défaut celles de tout son bureau.

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