Notre Samedi noir

Le sport ivoirien est rentré pratiquement bredouille de Tokyo. Il n’a récolté qu’une seule médaille de bronze, obtenue, du reste, par sa taekwondo-ine, Gbagbi Ruth. Un ban pour elle. Car elle n’a pas fait ni plus, ni  moins bien qu’à Rio de Janeiro au Brésil, lors des 31èmes Olympiades. Là-bas, elle avait remporté le Bronze. Tout comme à Tokyo. Ainsi donc, sur six disciplines à Tokyo, seul le taekwondo a ramené une médaille. Tout le reste a, échoué. La Natation comme l’Alviron, en passant par le Judo et l’Athlétisme. Du moins en attendant les 200 m de Marie-Josée Talou. Ça, c’est pour le côté jardin. Car, côté cour, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs. Et le Taekwondo qui s’était illustré de fort belle manière à Rio, en nous ramenant deux médailles, l’Or pour Cissé Cheick Salah et le Bronze pour Gbagbi Ruth, est passé à côté de la plaque cette fois-ci. Sur 4 tireurs, il y a eu trois fiascos. De même que des disciplines comme le  Football, l’Athlétisme, le Judo et autres se sont plantées. En un mot, le sport ivoirien est rentré à Abidjan presque…bredouille. Un désastre. Il est quand même rageant de constater que le taekwondo, sur lequel nous avions fondé beaucoup d’espoirs n’a pas été en mesure de relever le défi de nous octroyer des médailles. Cissé Cheick n’a pu rééditer sa performance de Rio. Disons qu’il a « zahé », pour parler comme les Nouchis. Il n’a même pas franchi l’étape des 8èmes de finale. Diantre ! Qu’est-ce qui s’est passé ? Excès de confiance ? Mauvaise préparation ? Ou était-il dans un jour sans ?  Peut-être les trois. Mais la seule médaille de Bronze de Gbagbi ne saurait cependant masquer le cuisant échec du taekwondo à Tokyo. L’athlétisme a également essuyé un premier désaveu à Tokyo, sur les 100 m. Comme à Rio, il y a 4 ans. A Rio, des excuses ont été trouvées pour justifier la 4ème place à la sprinteuse ivoirienne, Marie-Josée Ta lou. Puisqu’il s’agissait de ses premières Olympiades. Mais pas pour son aînée Murielle Ahouré éliminée en demi-finales sur les 100 et 200 m à Rio. Mais hélas, ces 32èmes Olympiades se sont achevées en eau de boudin pour Marie-Jo, la nouvelle tête de file de l’athlétisme ivoirien. Ne parlons même pas de Murielle Ahouré qui s’est contentée d’une peu glorieuse place de 7ème en demi-finale. Mais, c’est vrai, à Tokyo, elle a bouclé le 100 m à la même 4ème place, derrière les trois Jamaïcaines, Elaine Thompson-Hérah, Shelly-Ann Fraser-Pryce et Shericka Jackson. La marche était sans doute un peu trop haute pour elle. Mais n’allons pas vite en besogne. Car, une compétition s’est achevée. Une autre commence. Et rien ne dit que Marie-JO ne décrochera pas une médaille sur les 200 mètres.  Mais le samedi noir du sport ivoirien n’aurait pas été total, si le football n’était pas venu ajouter son grain de sel. Un coup d’arrêt en quart de finale du tournoi olympique face à l’Espagne qui a donc fait déborder le vase de la colère des Ivoiriens contre leur équipe espoir. Parce qu’il y avait là un bon coup à jouer. Car, sur le papier, l’Espagne n’était pas supérieure à cette cuvée 2021 des Eléphants Espoirs. C’est en cela qu’on parle de gâchis. En ce sens qu’ils avaient là une belle occasion pour faire mieux que leurs devanciers de Pékin 2008.  Mais là où le bât blesse, c’est qu’en dépit de la qualité et de la maturité de ses joueurs, l’équipe ivoirienne s’est montrée incapable de nous produire du jeu. En terme de potentiel, elle avait les moyens humains de rééditer les performances du Nigéria et du Cameroun, médaillés d’Or aux JO d’Atlanta en 1996 et de Sydney 2000. En tout cas, si les Ivoiriens n’avaient pas péché par excès de prudence, ni jouer avec la peur au ventre, peut-être qu’ils n’auraient pas connu ce destin de perdants. Mais, au lieu de se lâcher, plutôt que d’attendre pour contrer, en un mot, ils ont payé cash cette mauvaise stratégie. En fait, les poulains de Haidara Soualiho ont manqué d’audace et de culot dans le jeu. N’eurent-été ces approximations tactiques, ils auraient connu un destin meilleur. Et cet échec est avant tout celui du coach Haïdara Soulahio. Ceci étant, l’absence du sélectionneur national, Patrice Baumelle aux côtés des Espoirs nous intrigue quelque peu. Car, en sa qualité de sélectionneur national, il avait le devoir de superviser le travail de son subalterne. D’autant plus que rien ne l’empêchait de le faire. Etant donné que la sélection nationale observe en ce moment une trêve. Il était donc du devoir des gestionnaires actuels de notre football, autrement dit le CN-FIF de demander à Baumelle d’aller épauler l’entraîneur des Espoirs. Ne le faisant pas ils ont failli. Voilà pourquoi, il urge que la Normalisation prenne fin le plus tôt possible pour qu’un Comité Exécutif élu puisse prendre le gouvernail du football ivoirien. Et qu’ils puissent arrêter les décisions qui s’imposent dans ce genre de situation. En tout état de cause, le fiasco du sport ivoirien à Tokyo, consacre l’échec de la tutelle qui n’a pas su dégager les moyens à temps pour permettre aux athlètes ivoiriens de bien se préparer. Il consacre également le fiasco de la Normalisation pour n’avoir pas apporté l’assistance nécessaire à un jeune technicien qui n’avait, ni le vécu, ni le savoir-faire dans la gestion d’une compétition de haut niveau. Ce qui explique ce samedi…noir.

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