Mission kamikaze de sauvetage du foot ivoirien

La CAN est bien finie. Et le Sénégal est monté sur la plus haute marche du podium. Son premier trophée continental après deux tentatives infructueuses, en 2002 et 2019. Enfin, les Lions de la Teranga ont réussi à vaincre le signe indien. Moh Salah en pleure. C’est l’image de la désillusion égyptienne. En fait, l’Egypte a été prise à son propre piège. Elle a refusé le jeu, amenant ses adversaires à trois reprises aux tirs au but. Mais cette fois-ci, la stratégie n’a pas marché. Et sur l’ensemble des 120 minutes du match, le Sénégal a fait le jeu. Mais s’il n’est pas un grand champion, il n’en reste pas moins un bon champion. Le roi est mort. Mais vive le roi. Car, dans un an et demi, 24 nations se donneront rendez-vous à Abidjan. En attendant, le football ivoirien attend lui de faire son bilan. Car, une nation qui fait de la compétition sa profession de foi, ne peut pas ne pas faire son check-up après un tel désastre. Car, en 2023, la Côte d’Ivoire sera au pied du mur en accueillant la 34ème phase finale de la CAN. Et le temps presse. Il faut aller très vite. Au demeurant, l’heure n’est donc plus aux tergiversations. Ni aux petits calculs mesquins des uns et des autres, sur l’aspect pécuniaire. Autrement dit, comment se « sucrer » sur le dos de la CAN. Bon, ça, c’est une autre affaire. En fait, la Côte d’Ivoire sera face à deux gros défis à relever. Primo, l’aspect organisationnel. Et secundo, le chantier de la reconstruction de son équipe nationale. Autant dire qu’il y a du boulot partout. L’organisation est l’affaire du COCAN qui, d’ailleurs, à pris le flambeau hier à Yaoundé. Or, cette structure opérationnelle a été souvent sous courant alternatif du fait d’une sorte de bicéphalisme sciemment entretenu par la tutelle à l’effet de la fragiliser. Il faudra bien mettre fin à cet imbroglio qui commence par nous agacer. Sérieusement. Mais le chantier le plus difficile, qui s’apparente aux 12 travaux d’Hercules se situe au niveau de la reconstruction du football ivoirien. Et ce chantier requiert un énorme sacrifice de la part de la quasi-totalité de tous les acteurs du football ivoirien. Car, au moment où l’échéance de cette CAN approche et que le pays est plongé dans les préparatifs, il serait souhaitable que la sagesse habite les acteurs du football ivoirien pour qu’ils parviennent à une sorte de gentlemen’s agreement pour le bien du football ivoirien. Pour tout dire, il urge de mettre de l’ordre dans la maison. Et le retour à une paix durable, de même que la réconciliation au sein de notre football ne peut plus être l’apanage d’une seule entité. Fut-elle le CN-FIF. Le foot étant avant tout l’affaire du monde du foot, c’est-à-dire, de ces dirigeants grands et petits qui se saignent pour faire vivre leur passion commune, il faudrait bien que les plus emblématiques d’entre eux fassent preuve de dépassement de soi, en prenant leur bâton de pèlerin pour recoller les morceaux. Et c’est le plaidoyer pro domo que nous faisons en sollicitant l’installation d’un comité de sage, avec pour mission de dégager un consensus autour d’une personne. Qu’elle soit candidate déclarée ou pas. Et cette option nous paraît indiquée dans le contexte actuel non seulement, par rapport à l’échéance de la CAN 2023, mais aussi, parce qu’elle aura l’avantage d’éviter une autre crise post-électorale. Car, dans ce contexte de méfiance et de suspicion, la voie électorale, quoique démocratique, n’est pas forcément la plus indiquée pour ramener une paix définitive au sein du football. Mais qu’on se comprenne bien. Nous ne disons pas que nous sommes opposés à un scrutin ouvert. Et transparent. Mais nous savons aussi que l’option d’un consensus va forcément  créer de la frustration. Et engendrer des susceptibilités. Mais c’est peut-être le moindre mal par rapport à certains maux qui ont fragilisé le tissu sportif : la méfiance, les querelles de personne et la division du football ivoirien en deux blocs. Cependant, la question essentielle à poser, n’est-elle pas celle-ci ? Qui pour piloter cette opération kamikaze de consensus, sans susciter des grincements de dents ? Ni être l’objet d’un lynchage systématique par les partisans de tous les camps ? Deux dirigeants, nous paraissent les personnes idoines pour cette médiation. Me Roger Ouégnin et Jacques Anouma. Peut-être aussi qu’on pourrait leur associer Me Adou Nangon, le président de la JCAT. Les deux premiers ont aussi des hauts faits d’armes qui plaident pour eux. Le président de l’Asec est le dernier dinosaure des dirigeants de clubs depuis la  retraite des Simplice Zinsou, Me Konan Mondon, etc. Il a bâti un grand club, vainqueur de la C1 en 1998, en plus de 26 titres de champion de Côte d’Ivoire. Et j’en passe. Il a donc la légitimité pour parler de foot. Nul n’est prophète chez soi. C’est vrai. Mais Me RO reste un serviteur éclairé du football ivoirien. Le second, Jacques Anouma a aussi servi le football ivoirien au plus haut niveau. Il a été président de la FIF. Et c’est sous son règne que la Côte d’Ivoire a disputé ses deux premières phases finales de Coupe du monde, 2006 et 2010. Ensuite, il fut membre du Comité Exécutif de la FIFA et de la CAF pendant 2 mandats. Tous les deux ont donc la légitimité pour conduire cette mission de sauvetage du foot ivoirien. Et ils n’ont pas le droit de se débiner. Sinon, ils assumeront la responsabilité de la descente aux enfers du foot ivoirien. Devant l’histoire. Ce qui serait comme un boulet à leur pied.

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