LPF, enchaînée et prisonnière de l’Exécutif

Le football ivoirien baigne dans une tranquillité totale. Du moins en apparence. Car, même si les tensions qui ont entouré le processus électoral ont quelque peu baissé et qu’on observe un semblant de paix de braves avant les 100 jours du nouveau locataire de la « Maison de verre », rien ne dit non plus que les vaincus d’hier ont su mettre de côté leurs rancœurs. Ou leur soif de revanche. Et qu’ils prêts à s’engager dans une véritable union sacrée, salvatrice pour le retour au premier plan de notre football. Car, la grave crise qui a secoué le football ivoirien a déchiré le tissu social footballistique. Elle a accentué la fracture, ébranlé le vivre-ensemble et brisé la fraternité au sein de la classe dirigeante. Et la dernière AG Extraordinaire de la nouvelle FIF, même si, elle s’est déroulée dans une ambiance bon enfant, elle n’a cependant pas effacé pour autant les cicatrices des années d’antagonismes. Certes, la passe d’armes à laquelle se sont livrés les partisans irréductibles de l’ex-Comité Exécutif avec le nouveau COMEX, au sujet des projets d’amendement des Statuts et du Code Electoral, ainsi que l’élection d’une nouvelle Commission Electorale et celle du Contentieux Electoral, participe au débat sportif. Mais rien ne dit qu’il n’annonce pas la poursuite de cette guéguerre entre les deux blocs. En clair, il va falloir compter avec une opposition farouche et déterminée à mener la vie dure aux tenants actuels du pouvoir. L’aile dure de l’Ex-COMEX a, en effet, annoncé les couleurs en critiquant l’appel à candidatures des membres de la Commission Electorale et du Contentieux Electoral. A raison d’ailleurs. Car elle a estimé que la faîtière aurait dû faire une large diffusion de cet appel à candidatures et non se limité au site de la FIF ou une diffusion dans les boîtes mail de ses membres actifs. N’est-ce d’ailleurs pas ce qu’elle fit pour le recrutement du sélectionneur. Au lieu d’un simple communiqué sur son site…. D’où la raison de cette suspicion légitime sur cet appel à candidatures que certains délégués ont qualifié de vaste comédie. Au demeurant, pour un sujet aussi sensible que le choix des membres de la CE, on ne saurait se contenter d’un seul canal de diffusion. Ni passer par la boîte mail des clubs pour livrer l’information. Quoique le site de la FIF soit son canal habituel de diffusion. Seulement voilà, certains délégués ont dénoncé le fait de n’avoir pas reçu dans leur boîte cet appel à candidatures. Vrai ou faux ? Nul ne le sait. Et puis, n’a-t-elle pas utilisé le support pro-gouvernemental « Fraternité Matin » pour lancer un appel d’offres à ses fournisseurs concernant la passation des marchés ? La FIF ne s’est donc pas contentée uniquement de son site pour vulgariser son appel d’offres. De même que dans son ambition de parvenir à une décrispation au sein du foot ivoirien, le nouveau locataire de la « Maison de verre » entend élargir son COMEX à 25 membres. 5 membres dont 3 du camp Sory Diabaté et 2 de celui de Didier Drogba, apprend-on,  devraient donc être intégrés dans l’actuel Exécutif. Autant dire que l’actuel président de la Ligue Pro est lui écarté d’office. Or, il est impensable qu’une entité chargée de gérer le football professionnel ne siège pas au sein du CE. Une vraie hérésie en quelque sorte. D’autant plus que, les différents présidents qui se sont succédé à la tête de la LPF depuis sa création sous l’ère Dieng Ousseynou, ont tous été membres de l’Exécutif. Jacques Anouma et Sory Diabaté ont même été 1er vice-pdt. Or, l’actuel patron de la LPF n’est pas membre de l’Exécutif. Il ne décide donc de rien. Et, suprême paradoxe, alors que le président de la Ligue Pro est une sorte de « Reine d’Angleterre », son pendant de la Ligue Amateur est, lui, membre bona fide de l’Exécutif. Par quelle alchimie peut-on justifier que la Ligue Amateur chargée de la promotion du football de masse soit au-dessus de la Ligue Pro qui gère l’élite du football ivoirien ? C’est-à-dire, les championnats de L1 et L2, la Coupe nationale, la Coupe FHB et autres ainsi que les compétitions internationales. Et ce, sous le contrôle de l’Exécutif, selon l’art. 90 des nouveaux Statuts ? La Ligue Pro ne jouit certes pas d’une totale autonomie financière totale. Parce qu’elle dépend entièrement de la FIF. Mais  ce n’est pas pour autant qu’il faille faire de son président un simple commis du football, dont la mission consiste à superviser les compétitions de la FIF. C’est vrai. Les organes des Associations nationales peuvent être désignés par voies d’élection ou de nomination interne, selon les Statuts de la FIFA. Il n’empêche que le football ivoirien peut aussi épouser l’ère des temps modernes, en procédant par le jeu démocratique pour désigner les présidents de ces deux entités : la Ligue Pro et la Ligue Amateur. C’est d’ailleurs ce qui se fait dans les grandes Associations nationales. Et une fois élus, les deux présidents deviennent membres de droit de la Fédération. Et rien n’empêche aussi que la FIF et la Ligue Pro, ne soient pas liées par une convention définissant les relations entre les deux personnalités morales. Pour tout dire, si hier, le président de la LFP a fonctionné dans les bottes du président de la FIF, il serait grand temps que nous ne restâmes plus dans le passé. Il faut plutôt rendre la Ligue Pro plus indépendante. Et non une entité enchaînée et prisonnière de l’Exécutif. Sinon, à quoi aura servi ce changement à la tête de notre football ? Or, il est impérieux que notre sport-roi procède à un changement de paradigme au bien au sein de son Exécutif que dans son organisation, n’est-ce pas… ?

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