Leçons d’un scrutin historique

Couci-couça, le processus électoral est arrivé à terme. Cahin-caha le football ivoirien est rentré dans la normalité. Clopin clopant, la FIF s’est dotée d’un nouveau président, Yacine Idriss Diallo. Il a été élu au bout d’un long suspense. Et à l’issue d’un processus de sortie de crise qui nous aura fait passer par tous l’arc-en-ciel des sentiments. Mais au-delà de la joie du vainqueur, plus que les récriminations et la déception des mauvais perdants, le football ivoirien a aperçu le bout du tunnel. Ouf ! Autant remercier le Bon Dieu et toutes les divinités qui lui ont permis de sortir de cet engrenage vicieux dans lequel il était en captivité depuis 2 ans. Et qu’il n’aurait, du reste, jamais dû se retrouver. C’est-à-dire, cette mise sous tutelle. Jamais, dans sa longue histoire avec un processus électoral, le football ivoirien n’avait autant été balloté, critiqué, violenté et balafré. Au grand jamais, il n’avait été à la merci de n’importe quel quidam. Et qui, sous prétexte de soutenir un candidat, s’est cru investi d’une mission de salut public. Celle de sauver le football ivoirien des mains de ses prédateurs actuels. Autrement dit, de tous ces ex-dirigeants fédéraux et de le remettre à leur champion. Nouveaux rédempteur du football ivoirien. Seulement voilà. Les clubs n’ont pas adhéré à son projet qu’ils ont du reste trouvé utopique. Quoiqu’il ait promis de faire passer la cagnotte des clubs de L1 de passer de 75 à 150 millions de F Cfa. Sans nous dire où il allait trouver cet argent, dans un environnement de récession économique du fait de la crise de la COVID-19. Et d’une dette abyssale de 5 milliards que l’EX-COMEX a légués en guise d’héritage à son successeur. Mais, au final, les membres actifs ont porté leur choix sur Yacine Idriss Diallo. Il succède ainsi à Augustin Sidy Diallo dont le dernier mandat aura plongé le foot ivoirien dans une crise sans précédent du fait de sa mise sous tutelle. Nonobstant les agendas cachés du CN-FIF, ses astuces et autres tergiversations pour faire traîner le processus, Mme Gabala est partie. Alléluia ! Et ce ne sont pas les cris d’offraie poussés par ses partisans, brandissant par-ci par-là en guise de trophée de guerre, l’audit de l’ex-FIF et le rapport de l’IGE accablant les ex-COMEX qui obligeront la FIFA a « casser » le scrutin du 23 avril dernier. Peine perdue. Parce qu’ils ont tapé « poto ». Le football ivoirien a, en tout cas, refermé cette triste parenthèse de la transition. Et, il a retrouvé l’ordre institutionnel normal. Les pleurnichards de la dernière heure, nouveaux chantres de la moralité, gagneraient donc à aller s’occuper de leurs tomates qui pourrissent dans leur jardin. Et laisser le foot aux vrais animateurs du foot. Car, quoiqu’ils disent, quoi qu’ils fassent, Yacine Idriss Diallo a été élu 13ème  président de la FIF. Qui plus est, il n’a point usurpé sa victoire. Il l’a méritée. Il s’est imposé au bout d’un scrutin, crédible, transparent et serré. Car, 2 voix seulement le séparaient de son adversaire de Sory Diabaté. Que cet ex-N°2 de l’ex-FIF ait été battu dans les urnes, rabat donc le caquet à toutes supputations. Car, que n’aurait-on pas dit s’il avait été éliminé à la dernière minute, par cette enquête d’intégrité que le CN-FIF comptait utiliser pour couper des têtes ? Mais le fait que SD ait été battu dans les urnes confère une légalité et une légitimité à la victoire de YID. A vaincre sans péril, on triomphe sans gloire, dit-on. Mais quid du candidat autoproclamé du « peuple » et des réseaux sociaux ? En fait, seuls les sorciers et quelques initiés pouvaient s’obstiner à croire en la victoire de DD. Sinon, les vrais observateurs de la scène footballistique savaient pertinemment qu’il ne pouvait pas gagner. Et c’est ce qui s’est passé. Puisqu’il a fait choux blanc, car recalé à la 3ème place. Battu à plate couture. En fait, Drogba n’a qu’à s’en prendre à lui-même. Il a plutôt fait campagne sur les réseaux sociaux. Il était plutôt le candidat de la Jet Set, du show-Biz et de quelques personnalités politiques en panne de visibilité. Sauf que les « Fans » clubs ne votent pas. Ils font du bruit. Pour que dalle. Or, le scrutin appartient au propre aux clubs. Et Didier n’était pas le candidat des clubs. D’ailleurs, ses partisans ne peuvent pas injurier les présidents de club, les traiter de FC Rouage, de vendus, de voleurs, comme ils l’ont fait avec Roger Ouégnin, au Champroux et espérer leurs voix. C’est impossible. En se comportant donc comme des hooligans, les supporters de DD ont « tué » sa candidature. Parce qu’ils ont dressé les clubs contre leur champion. Et cela montre bien que notre icône n’était pas formater pour diriger la FIF. En plus, il n’a même pas pris la peine de dénoncer la violence de ses partisans au champroux contre RO. Or attaquer le président de l’Asec, c’est, s’en prendre à ses collègues présidents. D’autant plus que sans président de club, il ne peut y avoir de grands joueurs. Ceci étant, l’arrivée de YID sonne comme un nouveau départ pour le foot ivoirien. Et puis, n’étant ni inconnu, ni un arriviste dans ce milieu, pour avoir aussi vu des vertes et des pas mûres, quand il fit ses armes à l’AUC, puis servit à l’Asec et à l’organe fédéral, il dispose donc d’une somme d’expériences et de vécu qui devraient faciliter sa tenue de route à la tête de la FIF. C’est à lui de capitaliser tous ces acquis pour ne pas échouer. Et si hier, il était l’homme d’un clan, le GX, qui l’a du reste porté au pouvoir, aujourd’hui il est le serviteur du foot ivoirien. Et non plus d’une tribu. Au demeurant, qu’il se le tienne pour dit. S’il s’écarte du chemin de la bonne gouvernance, il trouvera sur son chemin, les gardiens du temple. A commencer par Me Roger Ouégnin. Et çà Idriss le sait. Bon vent.

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