La frousse Drogba, accord de dupe

La météo est au rouge. L’heure est grave. Un vent de panique, peut-être un typhon, sans doute un cyclone, souffle, en ce moment, sur la « Maison de verre » à l’avenue 1 de Treichville. En effet, depuis que l’ex-attaquant vedette des Eléphants, emblématique buteur de Chelsea, Didier Drogba, a levé le voile, par le truchement de ses soutiens, sur son intention de briguer la présidence de la FIF, les dirigeants fédéraux ont le sommeil agité. Ils ne dorment plus. Pour sûr, une frénésie s’est subitement emparée de certains acteurs du football ivoirien proches du camp fédéral à telle enseigne qu’il ne se passe plus un seul jour sans que « Dahi Zoko » ne soit la cible de leurs attaques. Et comme s’ils s’étaient passé le mot, les tireurs d’élites proches du camp fédéral, ont commencé à faire flèche de tout bois contre le mari de Lala Diakité. Ils cherchent, par tous les moyens, à le dissuader de se porter candidat à la succession d’Augustin Sidy Diallo. En tout cas, ce vent de panique général observé chez les dirigeants fédéraux et leurs suppôts, cette peur panique désormais installée dans le camp fédéral, ce branle-bas total constaté au sein de l’organe fédéral, bref, tout ce tohu-bohu, tout ce méli-mélo, autour de la supposée candidature du fils d’Albert Drogba ne peut que se résumer en 7 lettres : « FROUSSE. » Car, rien, absolument rien, ne justifie cette levée de boucliers contre une supposée intention de candidature de l’ex-international ivoirien. D’autant plus que nulle part il n’a déclaré officiellement qu’il était candidat à la candidature. D’ailleurs voici ce qu’il a dit exactement sur une chaine de radio internationale : « Je veux m’impliquer davantage. J’y réfléchis de plus en plus (…) Je n’ai pas encore pris ma décision, mais si toutes les conditions sont réunies, pourquoi pas ? ». C’était le 9 août dernier. Le disant, l’ex-international ivoirien était certainement loin de s’imaginer qu’il venait ainsi de déclarer la guerre à l’actuel Comité exécutif. Car, sans même attendre une fraction de seconde que cette intention se confirme dans les actes, les tenants du pouvoir actuel ont, ipso facto et illico presto, déterré la hache de guerre contre celui dont ils ont célébré les prouesses dans un passé récent. Celui dont ils se sont vantés de l’amitié dans un proche passé. Enfin, la star qu’ils étaient ô combien heureux et fiers d’avoir sous leur coupe, quand ils dirigeaient la Commission Equipe nationale de la FIF, sous le magistère de Jacques Anouma. Seulement voila ! Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. Et Drogba pourrait être leur prochain adversaire à la présidence de la FIF. Car, si le footballeur d’hier n’est plus actif sur le terrain, rien ne l’empêche de troquer les crampons pour le costume de président de la FIF. Comme certains de ses devanciers l’ont fait ailleurs. Michel Platini à l’UEFA. Kalusha Bwalya en Zambie. Davor Šuker en Croatie. Or ici, les hommes-liges du camp fédéraux ont entrepris une campagne de dénigrement contre Didier Drogba, rien que dans le but de l’empêcher de descendre dans le marigot ivoirien. Vilipendé par-ci, diabolisé par-là, Didier Drogba n’en a cure. Au demeurant, ni les plaintes et complaintes des uns, ni les jérémiades des autres, encore moins les supplications de quelques-uns, ne sauraient empêcher « Dahi Zoko » d’aller chercher le graal quand la FIF fixera la date de la prochaine AG élective. Et à voir tout le tintamarre et tout le bruit faits autour de cette candidature de Drogba, on sait au moins une chose : la FIF ne veut pas qu’il soit candidat. Elle le supplie donc, quitte à user de sentiments affectifs et émotionnels, à ne pas se jeter à l’eau. Mais en attendant, la FIF resserre ses rangs. Et elle vient de faire signer aux deux camps un accord de dupe. Sous le fallacieux prétexte d’un partage de pouvoir. Mais disons-le tout de suite. Cet accord de dupe consacre la prime à la tricherie. Vagba a triché. Il a bafoué l’éthique du sport. Il a utilisé des mercenaires pour disputer un match officiel de la FIF. Un tel dirigeant mérite d’être banni du football. Et non en faire un héros. Au nom de quelle morale la Fédé justifie-t-elle une telle ignominie. Une telle entorse aux règles de la bonne gouvernance. Non, une telle fédé ne mérite pas gérer le football ivoirien. C’est tout simplement de la forfaiture. La FIF a donc remis son poulain, un tricheur au centre du jeu. Et Bahi Antoine, lui, doit se contenter du strapontin. Le poste de président délégué en charge de la section football. Et ce jusqu’aux prochaines élections anticipées en 2020. Comme c’est malin ! Mais tout çà pour des visés électoralistes Car pourquoi un scrutin anticipé en 2020 et pas dans trois mois ? Le 19 févier 2020, consacre la fin du mandat de Sidy Diallo. D’où la frousse et la trouille à la « Maison de verre ».

Kambire Elie

 

 

 

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