Koné Abdoulaye (Président Denguélé): « Notre soutien à Drogba a été un facteur de notre montée »

Après plus de 4 ans en Ligue 2, le club d’Odienné a assuré la montée en Ligue 1. A l’occasion de la fête organisée pour célébrer ce retour au sein de l’élite, le président Koné Abdoulaye a livré les secrets de l’accession de son équipe au sein de l’élite. Il a aussi dévoilé les ambitions du Denguélé la saison à venir.

L’AS Denguélé revient au sein de l’élite après 5 ans au purgatoire. Peut-on  dire que vos sacrifices ont payé ?

Comme vous le dites, cela fait pratiquement 5 ans que l’AS Denguélé végète  en Ligue 2. C’est une grande satisfaction qui m’habite. Je suis surtout heureux pour les joueurs et pour tout le district du Denguélé. Aujourd’hui, nous revoilà en première division. C’est du pur bonheur.

Quel a été le secret de cette montée ?

Je dirais qu’il y a plusieurs facteurs. Le premier, c’est le fait d’avoir satisfait aux conditions de travail des joueurs et de l’encadrement technique. Nous avons payé les salaires et les primes à temps. Vraiment, nous avons fait en sorte qu’il n’y ait pas de retard en ce qui concerne le volet financier. Le second facteur, c’est le soutien que nous avons apporté à Didier Drogba.

C’est-à-dire ?

 Ce soutien nous a permis de bénéficier de la mobilisation exceptionnelle des Ivoiriens partout où nous sommes allés jouer. L’équipe s’est sentie vraiment soutenue. Cela a permis aux joueurs de se surpasser. Donc le soutien que nous avons apporté à Didier Drogba lors de l’élection de la FIF a été le facteur clé de notre montée.

Au-delà de tout cela quel a été justement le concours de  Didier Drogba pour l’AS Denguélé ?

Didier Drogba n’a pas besoin de nous apporter quelque chose. Le fait que les Ivoiriens se mobilisent pour nous  parce que nous avons soutenu Didier, c’est déjà extraordinaire pour nous. On n’attendait pas forcément un quelconque concours. Ce n’est d’ailleurs pas  pour ça que nous l’avons soutenu pour la FIF.   Nous l’avons fait parce qu’il avait le meilleur projet pour le football ivoirien.

Qu’est-ce que vous avez gagné concrètement après ce soutien ?

Aujourd’hui, si l’AS Denguélé arrive à vendre des maillots et des cartes de supporters grâce à notre soutien pour Drogba, on ne peut pas demander plus. Mais, lorsque j’ai discuté avec lui, il va tenir les engagements qu’il a pris avec  les clubs. Drogba n’est pas quelqu’un qui parle dans le vide.

Une chose est de monter, une autre est de pouvoir y rester. Est-ce que l’AS Denguélé aura les arguments pour tenir la route en Ligue 1 ?

L’AS Denguélé n’est pas une novice en Ligue 1. De 2002 à 2017, c’est-à-dire en pratiquement 15 ans, le club était en première division. On connaît bien les réalités de l’élite. Cependant, les choses ont un peu changé. Nous allons nous adapter à la nouvelle donne  pour rester très longtemps encore en première division.

La Ligue 1 demande assez de moyens. Est-ce qu’à ce niveau vous pourrez compter sur  le concours des autorités d’Odienné ?

Cette montée a été accueillie avec joie par les populations. Mais aussi, des cadres et des autorités d’Odienné. Nous avons déjà eu des contacts avec le ministre-Gouverneur, Gaoussou Touré. Ainsi qu’avec  la présidente du Conseil Régional tous les deux  ont pris des engagements  pour l’AS Denguélé.

Pensez-vous qu’ils vont vraiment aider le club ?

Je crois que cette montée va créer une solidarité au niveau des cadres du District du Denguélé. Je pense que l’année prochaine, j’aurai plus de soutien, plus d’appuis et d’aide que par le passé.

Où est-ce que le Denguélé jouera à domicile ?

La Ligue Professionnelle nous a signifié que tous les clubs doivent retourner sur leur base. Sur ce principe, on devrait pouvoir jouer à Odienné. Mais, pour jouer à Odienné il faut qu’on respecte certaines conditions dont la plus importante est  l’état du terrain.

Le stade El Hadj Mamadou Coulibaly répond-il aux normes ?

En ce qui concerne notre  stade El Hadj Mamadou Coulibaly, même si les vestiaires et la grille de sécurité sont bons, la pelouse est dégradée. Nous avons quelques mois pour le remettre en l’état. En tout cas, si la pelouse est complètement refaite, on aura fait un premier pas. Pour le reste, il faudra mettre les moyens pour le transport de l’équipe.

C’est-à-dire ?

Odienné est à 900 km d’Abidjan. Si nous nous installons là-bas, c’est difficile de venir  jouer chaque week-end dans les autres régions de la Côte d’Ivoire. Ça va être très coûteux. Si nous restons à Abidjan pour aller jouer à Odienné, il est évident que c’est aussi  coûteux. Alors la seule alternative qui reste, c’est que nous puissions voyager en avion. Le billet aussi coûte cher. Si nous devons voyager avec 25 personnes c’est plus de 3 millions de FCFA que nous allons dépenser par voyage.

Avec ces difficultés énumérées, quelle est l’alternative qui s’offre à vous ?

Si nous voulons  jouer à Odienné, nous devons faire un gros budget et trouver les moyens de financer tout cela. Si les deux conditions sont remplies, on pourra jouer à Odienné. Sinon, on va décider de rester à Abidjan ou aller dans la ville la plus proche d’Abidjan comme Yamoussoukro ou Bouaké.

Revenons au cas de votre coach. Sera-t-il maintenu sachant qu’il n’a pas la licence A ?

Nous allons discuter avec lui parce que c’est un coach qui est extrêmement compétent.Malheureusement,  il n’a pas la licence A pour pouvoir entraîner en Ligue 1. Il faut que la DTN comprenne qu’il y a des coachs qui n’ont pas la licence A mais qui sont compétents pour entraîner en Ligue 1. On ne peut pas faire monter un club et puis ne pas être en mesure de l’accompagner. C’est un peu frustrant.

Que comptez-vous faire pour l’aider ?

 Nous allons demander à la DTN de lui permettre d’entraîner en Ligue 1. Si cela est fait, il sera avec nous. Dans le cas contraire, nous allons chercher un autre coach. Mais, ça sera écoeurant pour nous et même pour le coach de ne pas bénéficier des fruits du  sacrifice.

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password