Jeu de poker menteur autour du COCAN

Ce n’est plus un secret. Le torchon brûle entre le Ministère des Sports et le COCAN 2023. Les deux camps se livrent, en effet, une guerre à fleurets mouchetés. Mais aussi à un jeu de poker menteur. C’est-à-dire, que chacune des parties croit avoir soigneusement caché dans sa manche son joker. Quitte ensuite, à porter l’ultime coup de grâce à son adversaire. Bref, c’est donc dans ce climat tendu qu’un projet de décret portant création d’un nouveau COCAN circule sous le boisseau. A-t-il été jeté sur la place publique à dessein ? Rien n’est moins sûr. Ou a-t-il plutôt échappé aux rédacteurs ? Rien n’est moins sûr également. Quoi qu’il en soit, qu’il soit authentique ou non, qu’on le prenne avec des pincettes ou pas, toujours est-il que la conception même de ce projet de décret pose problème. Au demeurant, il serait surprenant qu’un tel document relatif à l’organisation de la CAN puisse être conçu ailleurs que dans une officine relevant d’un service régalien. Et si c’est effectivement au Ministère des Sports alors ce projet de décret portant création d’un nouveau COCAN est un véritable scandale. En ce sens que, non seulement, il déchausse totalement toute l’armature architecturale mise en place depuis la création de ce Comité d’Organisation de la CAN 2023 présidé par Kessé Feh Lambert. Mais plus absurde, il donne les pleins pouvoirs au ministre des Sports désormais président du COCAN. Or, le ministre lui-même a fait croire qu’il ne comptait nullement faire comme ses homologues du Cameroun et de la Guinée. Ce qui n’est pas vrai. Non un ministre ne doit pas faire ça. Et le Président de la République ne doit non plus pas signer un tel décret si par extraordinaire, il atterrissait sur la table du Conseil des ministres. Diantre, on ne peut pas changer comme ça de fond en comble tout le squelette du COCAN, parce qu’on veut régler des comptes à Pierre ou à Lambert. Mais qu’on se le tienne pour dit. Une fois de plus, le problème ici, n’est pas tant l’authenticité ou non d’un tel document, fût-il un supposé projet de décret qui dérange. Ni même qu’il ait été retiré ou non du circuit. Mais c’est le contenu de ce décret qui heurte le bon sens. Parce que le costume semble avoir été taillé sur mesure pour l’actuel ministre des Sports. En effet, ce projet de décret a dépecé, totalement les précédents portant création de cette structure chargée d’organiser la CAN. En effet, si le décret modifié du 28 janvier 2021, s’était contenté de remplacer les groupes de mots « CAN 2021 » par « CAN COTE d’IVOIRE 2023 » et « COCAN 2021 » par « COCAN 2023 » et même de retoucher à peu près 5 articles, le supposé nouveau projet de décret qui circule sous le boisseau a, lui, ôté au COCAN toute sa substance. Il n’est donc plus placé sous l’autorité du Premier Ministre mais sous celle de son subalterne, le ministère des Sports. C’est donc lui l’alpha et l’oméga de l’organisation de la CAN 2023.  L’épicentre de toute l’organisation selon l’art.2 de ce projet de décret. Ensuite, il y a une Direction du tournoi dont le Directeur, une sorte de DG du COCAN, est nommé par arrêté. Tandis que la FIF, principale faîtière, n’a qu’un rôle de collaboratrice aux côtés du ministère des Sports. Là où les précédents décrets ont mentionné noir sur blanc que le COCAN agit par délégation de la FIF (art.3), le projet du décret Danho a trouvé inutile de le rappeler. Il l’a donc purement et simplement rayé. Quid de la Normalisation ? Un poste de vice-président lui a été accordé au sein du nouveau COCAN. Et pourtant, dans exactement 7 mois, sauf changement de calendrier, la transition aura achevé sa mission au plus tard en décembre 2021. Et elle devra céder le tablier au nouveau président de la FIF élu. Sauf agenda caché des deux entités, ministère des Sports et CN-FIF, rien n’explique qu’une structure appelée à disparaître dans peu de temps, soit traitée comme si elle n’assurait pas une mission transitoire. A moins que le souhait du ministre Danho est de voir la Normalisation rester en place jusqu’à la CAN 2023. D’ailleurs, qu’est-ce qui prouve que ce n’est pas lui qui a milité pour le choix de Dame Dao Gabala pour diriger le Comité de Normalisation ? En tout cas, aucune hypothèse n’est à écarter au regard de ce puzzle qui semble se démêler petit-à-petit. Sinon, la CAN étant dans 2 ans, c’est-à-dire en 2023, tout ce bazar, tout ce méli-mélo, bref, tout ce tintamarre autour du COCAN ne se justifie vraiment pas. Pour tout dire, il est quand même incompréhensible que le ministère des Sports, par la prise d’un nouveau décret, veille à tout reprendre à zéro, comme s’il tenait à effacer tous les acquis de cette structure qui a été créée par décret en 2017. Mais, en réalité, tout ce tango autour du COCAN, tout ce rififi observé çà et là, ne vise qu’un seul but. Faire une « OPA » sur cette structure. Certes sous tutelle du ministère des Sports, mais un peu trop indépendante aux yeux du patron du Département des Sports. Et la contrôler, c’est tout contrôler. Sans jeu de mot. C’est-à-dire, tout. Tous les marchés. Et tous les sous. Comprenne qui pourra.

 

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