Honneur et récupération

Nous sommes donc de retour. Dieu merci ! Aussi, en reprenant cette chronique, après un si long silence, consécutif à l’aménagement  dans nos nouveaux locaux, sommes-nous tentés de placer ce retour de Supersport dans les kiosques sous le signe d’un nouveau départ.

C’est vrai. L’attente fut longue. Et le silence éprouvant. Mais, au final, nous sommes là. Et grande est notre joie, immense est également notre plaisir de vous retrouver pour ensemble disséquer l’actualité sportive si croustillante. A cet effet, la météo sportive du week-end écoulé  nous aura fait passer par tout un arc-en-ciel de sentiments. De la joie à la déception. Et parfois teintée d’un brin de colère.

Mais commençons d’abord par nous « enjailler » des deux belles performances de nos deux pachydermes, en football et au Basket. Les premiers ont obtenu une belle victoire aux dépens des Lions indomptables du Cameroun (2-1). Les seconds, nous ont ramené la médaille d’Argent de Kigali, au terme de l’Afrobasket 2021.

En football donc, la Côte d’Ivoire s’est relancée dans son groupe D des Eliminatoires du Mondial 2022 au Qatar. Elle occupe le fauteuil de leader, avec 4 points +1 contre 3pts +1 pour leurs dauphins camerounais. En tout cas, c’est un bon résultat. Il est bon à prendre. D’autant plus que les Eléphants avaient lâché 2 points à Maputo face au Mozambique (0-0). Et ce succès leur permet de se relancer dans la course à la qualification pour Qatar 2022.

Sachons raison garder. Et si on est incapables de leur tresser des lauriers, n’ayons non plus la dent dure envers eux. Et puis quand même en face, l’adversaire n’était pas n’importe qui. C’était tout de même les Lions indomptables, quintuples champions d’Afrique. Et qui totalisent 7 phases finales de Coupe du monde. Un record en Afrique. Et même si le Cameroun d’aujourd’hui n’est plus le Cameroun d’avant, toujours est-il qu’un Lion reste un Lion. Il mérite respect. Et considération.

En félicitant les Eléphants footballeurs pour leur brillante victoire aux dépens du Cameroun, nous ne saurons ne pas non plus dérouler le tapis rouge à leurs homologues basketteurs. Ce serait même un véritable crime de lèse-majesté que de passer sous silence l’immense exploit qu’ils ont réalisé à Kigali, dans le cadre de l’Afrobasket 2021.

Mais si la médaille d’Argent que les basketteurs ont ramenée de Kigali nous a mis énormément du baume au cœur, procuré également une immense joie, elle n’a cependant pas pu ôter de notre esprit, ces sentiments de colère et de révolte qui nous ont envahis. Non pas parce que les Eléphants n’ont pas remporté le trophée, mais bien du fait que nous trouvons inadmissible que certains cherchent aujourd’hui à en récolter les dividendes.

Depuis leur retour de Kigali en effet, où ils sont tombés les armes à la main face au champion sortant, la Tunisie, les basketteurs ivoiriens, sont brandis comme un trophée de guerre, par la tutelle, une façon pour elle de s’attribuer la paternité de ce titre de vice-champion. Mon œil 3 fois !!! Il ne s’agit ni plus ni moins que d’une récupération. Et le ministère de tutelle a porté ses plus belles vestes, chaussé des mocassins de luxe. Bref, il était soigneusement tiré à « 5 » épingles pour faire beau devant les autorités.

La victoire a plusieurs pères. Et la défaite, hélas, orpheline, nous enseigne l’adage. En fait, si la honte tuait, la tutelle n’aurait pas consacré que 16 petits millions FCFA au basket pour financer ses trois compétitions internationales dont l’Afrobasket. D’autant plus que les charges fédérales étaient estimées à 150 millions FCFA. Pour autant, elle ne s’est point gênée pour être aux côtés des joueurs. Et mieux elle leur a organisé une cérémonie de décoration au Palais des Sports.

Quoi qu’il en soit, en terminant vice-champions d’Afrique à Kigali, les basketteurs ont versé la honte sur leur ministre de tutelle. Ils sont, en effet, partis sur la pointe des pieds. Une préparation pratiquement bâclée, faute de moyens financiers. Mais ils sont revenus couverts de gloire. En fait, la médaille d’Argent de Kigali appartient avant tout aux basketteurs. Et ensuite à la Fédération. Et mieux, elle marque sans doute l’acte fondateur d’un nouveau groupe. Un cap a été franchi. Et, il devrait désormais projeter cette équipe vers d’autres défis. Pourquoi pas renforcer son crédit. Et accroître un peu plus sa confiance. Car cette cuvée de Kigali contient d’immenses promesses. Il appartient désormais au président de la FIBB, Mahama Coulibaly de capitaliser cet acquis. Et de s’appuyer sur ce parcours référence de Kigali pour poursuivre le travail qu’il a entamé depuis qu’il a pris les rênes de la balle au panier. Et s’il n’avait pas fait preuve de retenue ou s’il avait la rancune tenace, avec toutes les tracasseries financières qu’il a connues avant le voyage de Kigali, MC aurait, sans doute, pris sa médaille au Palais. Puis, il se serait éclipsé avec ses joueurs, sans crier gare. Et le public aurait crié trois fois, oh honte ! En quittant aussi les gradins. Et laisser la tutelle construire ses 10 Agoras. A coup de 17 milliards.

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