FIF: Sory Diabaté, suspicion d’inéligibilité


C’est une vérité qui ne manquera pas de faire grincer les dents. De fâcher. Et même de choquer. Mais comme elle ne les casse pas, autant mettre les pieds dans le plat. Si les différentes tendances sont reparties des deux AG, Ordinaire et Extraordinaire, avec le sentiment d’avoir obtenu quelque chose, le quitus pour les uns, les textes pour les autres, toujours est-il que le débat à venir devrait plutôt se déporter sur le terrain de l’éligibilité des candidats, en abordant la dernière ligne droite du processus de sortie de crise. La raison est toute simple. Dans le courrier qu’elles ont adressé au CN-FIF, le 25 février dernier, la FIFA et la CAF l’ont carrément dit. Le Comité Exécutif sortant a été suspendu. Un point, un trait. « Le 24 décembre 2020, la FIFA a suspendu le Comité Exécutif et instauré un Comité de Normalisation pour venir en aide à la Fédération Ivoirienne de Football, qui ne parvenait pas à faire face à ses obligations statutaires de membre de la FIFA », est-il écrit noir sur blanc dans ledit courrier lu en ouverture des assises. Ce qui est dit est dit. En effet, en plus d’apporter un soutien sans faille à la structure dont elles ont chargé de piloter la transition, la FIFA et la CAF n’ont pas cédé d’un iota face aux revendications farfelues de l’ex-FIF. Et de rappeler qu’elle n’est pas plus fondée à réclamer la révocation de la présidente du CN-FIF. Ni à exiger la mise en place d’une nouvelle Commission Electorale. En fait, il suffisait que l’ex-COMEX ait un peu de bon sens et un peu plus de jugeote, il aurait vite compris qu’il a été sorti du circuit du football. Et tant que cette suspension n’aura pas été levée, il a été déclaré persona non grata au sein du football. Aussi bien national que mondial. Comme quoi, il n’a plus droit au chapitre. D’autant plus qu’il a été débouté de toutes les requêtes qu’il a déposées au TAS comme à la FIFA. Il a, d’abord, écrit à la FIFA pour s’opposer à la mise sous tutelle de la FIF. L’Instance suprême a dit niet. Il est allé ensuite au TAS pour réclamer la suspension de cette décision. Le TAS a dit non. Comme si tous ces échecs ne suffisaient pas, l’ex-FIF a, de nouveau, exigé la révocation de la présidente du CN-FIF de la tête de la Commission Electorale. Ainsi que la mise en place d’une nouvelle CE. Elle a même décaissé 80 millions de F CFA pour payer des avocats à défendre sa cause au TAS. Mais rien n’y fit. Elle a toujours été déboutée de toutes ses actions. Au regard donc de la suspension de la FIFA qui continue de frapper l’ex-COMEX, une question ne cesse de brûler nos lèvres. Un candidat issu du bureau sortant est-il éligible au regard de l’article 47 des nouveaux Statuts et de l’article 8 du Code électoral ? Certes, la balle est dans le camp de la future Commission Electorale que présidera Dao Gabala. Car, la FIFA lui a donné ce mandat en lui permettant d’agir : « en dernier lieu, en qualité de Commission Electorale pour l’organisation de l’élection d’un nouveau Comité Exécutif de la FIF (…) ». Mais, cette même balle se trouve aussi dans le camp de l’alinéa g de l’article 47 relatif aux critères d’éligibilité du candidat à la présidence de la FIF qui stipule que: « ne pas avoir subi, dans les cinq (5) ans qui précèdent l’Assemblée Générale Elective, une sanction en application des Statuts, règlements, décisions et directives de la FIF, de la Zone ouest B, de la CAF ou de la FIFA ou tout autre organisme sportif. » Or, nous savons tous que le COMEX sortant a été sanctionné par la FIFA, à cause de son incapacité à conduire un processus électoral conforme aux exigences statutaires et réglementaires, tel que la FIFA l’a rappelé dans son courrier en date du 24 décembre 2020, sur la situation du foot ivoirien adressé à l’ex-FIF. En fait, l’Instance suprême ne s’est pas invitée dans la crise au sein du football ivoirien uniquement à cause du processus électoral. C’est bien, parce qu’elle a constaté de graves dysfonctionnements dans la gestion du football ivoirien. Et notamment une gestion financière opaque dénoncée par une partie des clubs. C’est donc fort de tous ces manquements qu’elle a jugé utile de mettre de l’ordre dans la maison ivoirienne. En fait, le blocage du processus électoral lui a servi de prétexte de remettre les compteurs à zéro en installant une normalisation à la tête de la FIF. D’autant plus qu’elle a fait le constat dans ce même rapport du 24 décembre 2020 : « D’une manière générale, les différentes actions des officiels et des administrateurs ont brisé la confiance que la population, les parties prenantes et la famille du football ivoirien avaient placée dans la FIF. » La FIFA a donc tout dit. Et sa sanction a été implacable. L’ex-COMEX a failli. Il s’est rendu coupable de défaillances graves. Et de parjure. D’où les raisons de sa suspension par la FIFA. Dès lors, qu’il ait obtenu le quitus ne signifie pas, pour autant, que sa gestion a été blanchie par l’assemblée. C’est-à-dire qu’il n’a pas dilapidé l’argent du football. Ça serait même prétentieux de sa part que de le croire. Au demeurant, même si certains clubs se sont laissés enfarinés, en cédant à l’émotion pour adouber sa gestion, la réalité des textes est cependant venue lui rappeler, qu’il lui sera difficile d’échapper à la sanction des critères d’éligibilité. Car, cette suspension, nul n’a le droit de la nier. Même pas le politique auprès de qui il veut s’abriter. Encore moins la mémoire d’ASD sur laquelle il tient à s’agripper comme une bouée de sauvetage. C’est peine perdue.
Kambiré Elie

Login

Welcome! Login in to your account

Remember me Lost your password?

Lost Password