Eléphants, les chantiers imaginaires de la reconstruction

Pendant que l’Algérie et le Sénégal, les deux meilleures équipes de la CAN 2019, se préparent activement pour en découdre en finale de la 32ème édition, ce vendredi, la Côte d’Ivoire, elle, est à l’heure des comptes. Autrement dit, les clubs membres actifs de la FIF, ainsi que les sportifs ivoiriens qui ont vibré au rythme des victoires de leurs Pachydermes, versé un torrent de larmes après leur élimination en quart de finale, attendent impatiemment que leur faîtière leur fasse au moins un petit bilan de leur séjour égyptien. Or, 7 jours se sont écoulés après cette sortie de route face à l’Algérie. 4 jours sont passés après leur retour au pays. Toujours rien. Aucun son n’a été entendu du côté fédéral. Silence radio. Motus et bouche cousue à la « Maison de verre ». En fait, l’actuelle équipe dirigeante qui est installée à la tête du foot ivoirien depuis 8 ans a toujours agi de la sorte. Jamais on ne l’a vue dresser un petit bilan de la campagne de son équipe nationale en phase finale de la CAN comme du Mondial. Et peu importe qu’elle ait été fructueuse ou qu’elle se soit achevée en eau de boudin. Mais, est-il cependant sportivement correcte, qu’une fédération sportive, peu importe son identité, ne puisse pas rendre compte de la campagne pour laquelle elle a eu l’onction et la bénédiction de ses compatriotes, bénéficier de la contribution financière de l’Etat, sans que cela ne suscite une levée de bouclier de la part de la communauté sportive nationale?  D’ores et déjà, on sait qu’en termes de bilan technique, la CAN 2019 aura été un échec. Car, la qualité de l’effectif ivoirien, le talent des joueurs et la belle cote dont ils jouissent dans leurs championnats respectifs en Europe, étaient des atouts qui auraient du permettre aux Eléphants d’atteindre au moins les demi-finales de cette phase finale. Or, en échouant en quart de finale devant une équipe algérienne qui ne lui était pas supérieure, ni en termes de talents, ni au niveau du vécu international, la Côte d’Ivoire a tout simplement raté sa CAN. Mais, au demeurant, un tel échec n’était guère surprenant au regard de cette gestion au petit bonheur la chance des dirigeants fédéraux. En fait, cette sortie de route n’a été que le produit d’une somme d’approximations, de manquements qui, ajoutés à une dilution de l’autorité du sélectionneur, à sa trop grande dépendance vis-à-vis des dirigeants fédéraux, ne pouvait qu’envoyer l’équipe nationale tout droit dans le mur. De même que cet argument fallacieux qui consiste à dire que cette sélection est en reconstruction ne tient véritablement pas la route. Car, 14 de ces internationaux étaient présents aux deux précédentes CAN, 2015 et 2017. Les deux attaquants Max Gradel et Bony Wilfried sont à leur 5è  CAN. Serge Aurier est lui à sa 4ème phase finale. Serey Dié est à sa 3ème CAN. Nicolas Pépé, Jonathan Kodjia et Wilfried Zaha étaient à leur 2ème CAN. En tout état de cause, les vrais novices de cette sélection n’étaient que Gbamin, Cornet, Sangaré Ibrahim, Wonlo, soit un total de 7 bleus sur un effectif de 23 joueurs retenus pour cette CAN. Alors de quelle reconstruction parle-t-on ? Il faudra sans doute rechercher dans le mauvais coaching du sélectionneur, les vraies raisons de ce fiasco. Au demeurant, au sortir de cette désillusion, la question essentielle qui revient sur toutes les lèvres est celle-ci : Kamara Ibrahim est-il le sélectionneur qu’il faut aux Eléphants ? Le débat est ouvert.

Kambiré Elie

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