Des gradins vides, parlons-en !

Depuis la dernière élection à la tête de la FIF, consacrant la victoire du candidat du « Rassembler pour développer », il ne se passe plus un seul jour, sans que Yacine Idriss Diallo ne soit la cible d’attaques absurdes et ridicules. Revanchards par-ci, grincheux par-là, grognards de ce côté-ci, rancuniers de ce côté-là, ils n’attendent que la petite bête pour réclamer la tête de YID sur le bûcher. En vérité, tout cet acharnement contre le président de la Fédé, n’est que l’expression de leur profond désarroi. Or, il leur faudra bien digérer leur échec au dernier scrutin. Et passer à autre chose. Car, après avoir perdu plus de 10 ans dans des palabres inutiles, à ne pas tracer les sillons d’un football ivoirien compétitif et attractif, le football ivoirien ne devrait plus s’attarder à trop regarder dans le rétroviseur, mais aller plutôt à l’essentiel : le travail. Seulement voilà. Certains ont pris le malin plaisir d’entraîner le football ivoirien dans des débats sans tête ni queue. Dans de fausses polémiques du genre, « Tchin-Tchinn » fait le plein de spectateur, pendant que la Ligue 1 cherche du public. Et de révéler que la FIF compte imposer dans un cahier de charges, un quota minimum de 100 supporters à tous les 16 clubs de la L1 à tous leurs matches. Pure fadaise. Car, la recherche de solutions pour guérir l’absence du public dans les gradins ne doit pas pousser la faîtière à faire n’importe quoi. Ou à poser des actions surréalistes. En effet, aucun Comité Exécutif, ne dispose d’un pouvoir aussi étendu pour obliger les supporters des clubs à se rendre au stade. Supporter un club est un acte volontaire. De même que tout déplacement d’un supporter dans un stade de foot relève aussi d’une action volontaire. D’ailleurs, comment la Fédé s’y prendrait-elle pour imposer aux clubs de venir au stade avec 100 supporters ? En  offrant aux 16 clubs des tickets d’entrée ? En leur retranchant des points au classement au cas où ils n’atteindraient pas le quota de 100 supporters ? Ou en leur mettant un pistolet sur la tempe ? On se perd en conjectures à force de se triturer les méninges. Et puis tenez, quand un club comme le Stella Club n’arrive pas à remplir la petite salle de la Mairie d’Adjamé d’une capacité d’à peine 300 ou 500 places, où iront-ils chercher les 100 supporters pour les convoyer au Champroux ? Mais qu’on se le tienne pour dit. Cette histoire de la désertion des stades n’a pas commencé maintenant. Ni sous Sidy Diallo, encore moins sous Idriss Diallo. Et ce n’est non plus pas sous l’ex-président, Jacques Anouma qu’elle a débuté. Elle résulte plutôt de la conjugaison de plusieurs facteurs. A commencer par la très forte politisation de la société ivoirienne. Ainsi que la fuite des jambes, c’est-à-dire de jeunes talents. D’ailleurs, c’est un euphémisme que de le dire. Depuis que la politique politicienne a fait irruption dans les foyers, le football ivoirien a été mis sens dessus-dessous. En d’autres termes, les compétitions domestiques ne sont plus devenues la tasse de thé des Ivoiriens. Elles ont été reléguées au second plan. La raison ? Les supporters ont transformé les gradins des stades en tribunes politiques. On discute politique, sans suivre le match qui se joue. Les habitudes ont donc changé. La crise politique a carrément desservi le foot. Et, au lieu de fréquenter les gradins comme dans le passé, les supporters se sont trouvé un autre centre d’intérêt : les Agoras et autres foras pour suivre les scoops politiques. Aujourd’hui, plus politicien qu’Ivoirien tu « meurs ». Mais la coupe n’est pas pour autant pleine. Car, les 10 ans de crises militaro-politiques ont aussi plongé les populations dans une paupérisation extrême. Et l’argent faisant défaut, aller au « Félicia », au Parc des Sports ou au Champroux était désormais le cadet des soucis des supporters. Car, c’était un luxe que de se payer un ticket de bus pour aller au Plateau, à Marcory et à Treichville. En sus, comme l’absence de talent, tue forcément le jeu, il ne restait plus qu’aux supporters ivoiriens d’aller chercher le spectacle ailleurs. Ce qu’ils firent en se tournant vers les matches européens retransmis sur le bouquet numérique. Au détriment de leurs compétitions domestiques définitivement enterrées, du reste. En tout état de cause, la crise des gradins qui secoue le foot ivoirien ne devrait, en réalité, guère surprendre quiconque. Et si hier les stades faisaient le plein de spectateurs, aujourd’hui les gradins affichent vides. Et rien ne dit que le phénomène s’estompera de si tôt. On croise toutefois les doigts pour que l’exercice 2022-2023 ne continue pas de se jouer sans spectateur. De toutes évidences, il n’appartient pas à la fédération de trouver des supporters pour les clubs. Mais il est plutôt du ressort des clubs de se trouver des supporters. L’équivoque ainsi levé, il faudra bien trouver des solutions novatrices en vue de permettre au football ivoirien de renouer avec son attractivité d’antan. Toutefois, qu’on se le tienne pour dit. Un retour du public dans les gradins ne sera possible qu’à une seule condition. Que le spectacle proposé soit de qualité. Mais comment proposer un beau spectacle s’il n’y a pas de talent ? Belle question. Et, de mon point de vue, seuls les clubs détiennent la clé du problème. Et tant qu’ils n’entreront pas au labo pour nous fabriquer des talents, les Ivoiriens continueront à bouder les matches de la L1. Pour déficit de talents. Et « Tchin-Tchinn » sera comme un pneu secours.

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