Des Fantômas dans la maison de verre

Ce n’est même plus une hypothèse. Tant les signes ne trompent plus. Dao Gabala n’est pas prête à passer la main à un nouveau Comité Exécutif. En tout cas pas de si tôt. Faut-il encore qu’elle ait été disposée à ne pas faire de vieux os à la FIF. Mais, tout porte à croire que cette mise sous-tutelle est même du pain béni. Ointe par la FIFA, elle dispose donc de tous les pouvoirs pour diriger le football de l’Eburnie par procuration. Et conduire le processus à sa guise. Elle a donc inversé ses priorités. La sortie de crise ne passera plus par la révision des textes. Ni par la tenue de l’AG Elective. Mais par les audits. La Vénérable Sénatrice va de ce fait s’entêter à racler les fonds marmite. Et à trouver des casseroles sales à Pierre et à Paul. La manœuvre est, disons-le, habile. De un, elle lui permet gagner du temps. De deux. Sous prétexte d’identifier ceux qui se seraient engraissés avec l’argent du foot, elle règle ses comptes. En envoyant les présumés prévaricateurs au bûcher. Fût-il, pour cela, qu’elle restât  jusqu’à Mathusalem, ces audits ne passeront pas par pertes et profits. Et tant pis pour les canards boiteux ! En fait, subtilement et habilement coachée par une coterie de conseillers, manœuvrant dans l’ombre, elle a donc réécrit sa propre feuille de route. Ainsi, sous la dictée de ces hommes de l’ombre, les « Fantômas » de la « Maison de verre », dont le ministère de tutelle serait le chef de file et le maître d’ouvrage de cette opération baptisée « main basse sur la transition », mais aussi d’un ex-candidat à la FIF, elle peut gouverner tranquillement. Car bien managée et bien encadrée par ces Califes du football ivoirien, elle se croit suffisamment outillée pour outrepasser ses prérogatives. Et mettre les clubs récalcitrants au pas. Histoire de leur montrer qui est le maître à bord. Autant dire que la présidente du CN-FIF ne navigue plus à vue. Et grâce au carnet de bord, que les « Fantomas » ont mis à  disposition, elle n’est donc plus une novice dans un football trop vieux. Voilà pourquoi si, hier, elle nous disait que « la Côte d’Ivoire n’ira pas à la CAN 2021 sous normalisation », c’est parce qu’elle ne maîtrisait pas encore les rouages, les mécanismes et les subtilités du milieu footballistique. Donc il était tout à fait normal qu’elle ait deux bouches. Sa langue avait tout simplement fourchée. Aujourd’hui, elle prépare doncla CAN 2023. Et qu’au passage, les résultats des Eléphants soient médiocres ou pas à la CAN 2021, tant pis. Elle ne s’en soucie guère. Elle s’est fixé un objectif. Aller au-delà de son mandat. Jusqu’en 2023 s’il le faut. Quitte à céder le pouvoir et à revenir en 2025. En tant que présidente élue. En tout cas, elle a pris goût. Elle a aussi pris des galons. D’autant plus qu’elle a été cooptée au sein de la Commission Finances de la CAF pour un mandat de 2 ans. Mais paradoxe. Dame Dao Gabala a accepté de rentrer à la CAN. En revanche, elle a refusé, dit-on, son poste de 1ere vice-présidente du COCAN. Et ce, sous prétexte qu’elle tient à se consacrer à sa mission de normalisation. Seulement voilà. Ce poste de N°2 du COCAN revient de droit. Car, c’est elle la présidente de la FIF. Fut-il à titre intérimaire. Bon comme la FIFA lui donnera une rallonge, elle reprendra certainement son siège laissé vacant. Ceci étant, le temps est venu pour que le football ivoirien prenne son destin en main. Car, c’est bien par la faute de ses acteurs, s’il se trouve aujourd’hui dans cette situation de « captivité ». En ne parvenant pas à transcender leur égo surdimensionné, leurs ressentiments personnels pour tenir un processus électoral consensuel et impartial, ils ont fait le lit de cette intrusion de la FIFA dans leur maison. Et s’ils n’y prennent garde, le processus de sortir de crise risque de ne pas déboucher au plus vite sur les élections. Comme celle du Cameroun qui a vu l’élection du Samuel Eto’o à quelques encablures de la CAN 2021 que ce pays abrite. C’est-à-dire qu’ici, il n’est pas encore trop tard pour tenir un scrutin. Mais pourvu que le CN-FIF soit de bonne foi. Voilà pourquoi les clubs doivent  dès maintenant le taureau par les cornes. Ils gagneraient à conjuguer et mutualiser leurs efforts pour aller à cette bataille. Peu importent que deux ou trois clubs se désolidarisent. Tant pis s’ils rament à contre-courant de cette bataille. Et l’union sacrée des deux camps qui se dessinent sous nos yeux devrait leur permettre de sauver le football ivoirien de la diabolisation dont il est l’objet, sous le regard complice du CONOR. En effet, chaque jour qui passe, les boules puantes jetées çà et là dans la presse et sur la toile, sous forme d’audit accablant pour certains dirigeants ne font qu’écorner son image. Plus que de palabres, c’est de sérénité et de paix dont a besoin le football ivoirien pour sortir des sentiers battus. Pour répartir du bon pied. Mais cela passe par la tenue, au plus vite, d’une AG Elective pour doter le football ivoirien d’un nouvel organe fédéral. La Côte d’Ivoire est sortie de la tutelle de l’ONU. Il serait donc illogique et intolérable qu’elle regarde son football maintenu sous tutelle de la FIFA lorsqu’elle organisera sa prochaine CAN. A l’Etat donc d’agir. Même si les clés de cette sortie sous tutelle se trouvent entre les mains de Dao Gabala. Et la balle dans le camp des clubs.

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