Débat surréaliste autour d’un simple audit

 

Depuis la semaine dernière, circule sous le boisseau, un soi-disant rapport de l’Inspection Générale d’Etat du mois de Février 2017, dont les conclusions auraient révélé de graves anomalies et autres faiblesses, dans la gestion comptable et financière de la FIF. La mission d’audit de l’IGE se serait déroulée en 2016 et aurait sérieusement épinglé la gestion de la faîtière ivoirienne au niveau de l’utilisation des ressources publiques octroyées par l’Etat. Fallait-il cependant donner du crédit audit rapport ? Ou plutôt le froisser et le jeter à la poubelle parce qu’il n’aurait pas été signé par les deux rapporteurs, ni publié sur le site de l’IGE ? Dilemme cornélien. Toutefois, nonobstant le chapelet d’interrogations et de doutes, qu’un tel rapport peut susciter dans les esprits, en termes de crédibilité et d’authenticité, on note cependant, qu’il dénonce les mêmes irrégularités de gestion que le rapport de la Commission d’Audit et de Conformité de la FIFA relevait en janvier 2017. En effet, si dans les conclusions de son rapport d’audit central de 2015, le Cabinet PwC relevait les anomalies dans la gestion fédérale, telles que l’incapacité de la FIF à fournir des documents justificatifs pour la dépense des fonds de développement et d’importants retraits d’argent en liquide, l’IGE, pointait également du doigt, pratiquement les mêmes entorses à l’orthodoxie des dépenses publiques. Notamment un solde positif inapproprié au terme de l’exercice 2014. Pour l’IGE, ce résultat positif de 319 millions est incompréhensible pour une association à but non lucratif comme la FIF. En fait, que ce soit le supposé  rapport de l’IGE de février 2017 ou l’audit de la FIFA de 2015, ou même celui d’aujourd’hui dont la FIF exige qu’il ne porte que sur les Fonds Forward, le seul dénominateur commun de ces trois missions d’inspection des états financiers de la FIF, est avant tout un problème de gouvernance. Et de bonne gouvernance. En clair, ce n’est ni un problème de souveraineté, ni un abus de pouvoir, encore moins une affaire d’impérialisme. La FIFA veut tout simplement savoir comment l’argent du football est géré en Côte d’Ivoire. Qu’il provienne de son programme de développement, de l’Etat ou des contrats commerciaux, il s’agit avant tout de l’argent du football. Et si les textes de la FIFA permettent à la FIF d’aller au TAS pour attaquer l’audit de sa tutelle internationale,  cette même disposition statutaire donne aussi le droit aux clubs de saisir l’instance suprême en cas de conflit avec sa faîtière. « La FIFA met à disposition les instances nécessaires pour résoudre tout litige pouvant survenir entre ou parmi les associations membres, les confédérations, les clubs, les officiels et les joueurs. » (l’al.2 de l’art.5 des statuts de la FIFA). Disons-le sans gêne. Ce qui se passe sous nos yeux est vraiment surréaliste. Mais enfin, que veut-on au juste ? On ne peut pas, au gré des humeurs d’une Fédération appeler la FIFA au secours face à l’ingérence du politique et la vilipender, et la traiter de tous les noms d’oiseau quand elle exige une plus grande transparence dans la gestion d’une association. En même temps qu’elle trimbale la FIFA devant le TAS, l’accusant d’avoir outrepassé ses prérogatives et piétiné ses propres textes internationaux, la FIF est cependant heureuse de brandir l’invitation qu’elle a reçue de l’organe suprême pour le Congrès de Russie. Diantre, quel paradoxe !  C’est aberrant. Et absurde. De fait. A écouter certains analystes du microcosme footballistique ivoirien,  c’est à se demander si une Institution aussi puissante que la FIFA, et même plus forte que l’ONU, regorgeant de cadres aussi compétents que variés,  ne connaitrait ni ses droits et devoirs vis-à-vis de ses associations membres. Ou encore qu’elle ne saurait pas où commencent et s’arrêtent ses pouvoirs ? Ridicule. En tout état de cause, à moins que la FIF ne soit ce crapaud qui veuille se faire aussi gros que le bœuf, elle n’ignore certainement pas que sa voix ne pèse pas grand-chose aux côtés des 211 autres associations que compte la faitière internationale. Aussi, dire que la FIFA joue sa crédibilité dans ce dossier ivoirien, c’est prendre des vessies pour les lanternes. Ou même p… plus haut que son c… Au demeurant, rien, absolument rien, pas même les Fédérations proches d’Issa Hayatou n’empêcheront Infantino de briguer un second mandat à en 2019. Aussi est-il tout à fait faux de croire que la FIFA joue sa crédibilité dans le dossier ivoirien. Encore que cette vertu ne saurait se juger à l’aune des humeurs de la FIF. Ni même au gré de la colère de ses dirigeants contre la FIFA. Rien que pour une simple question d’audit. Car, quand on n’a rien à se rapprocher on ne cache rien. A moins que la vérité ne soit…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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