Dans la peau de Saint Thomas

D’entrée, évitons d’être euphoriques. Car, ce n’est pas parce que le Comité de Normalisation nous a promis un scrutin au plus tard le 20 décembre qu’il faudra s’empresser de lui délivrer un satisfecit. Ou même lui donner un blanc-seing, ipso-facto. Sachons plutôt être prudents. En ne tombant pas dans un optimisme béat. A raison d’ailleurs. Car, si le CN-FIF a effectivement organisé cette AG Ordinaire,  après un premier faux bond, en juin dernier, il n’a cependant pas pour autant ôter certains doutes dans les esprits. Et cette session de rattrapage a plutôt suscité plus de questions qu’elle n’en  apporte de réponses dans la gestion de la transition. Certes, certains dirigeants ont été amnistiés. C’est l’un des bons points de cette AGO. Ensuite, le Comité Exécutif sortant n’a pas obtenu le quitus. C’est bien. En outre, si les délégués s’étaient même trompés pour donner le quitus à une gestion dont les comptes n’ont pas été certifiés par le Commissaire aux Comptes, ils auraient commis une forfaiture. Une hérésie. Et le président de Songon FC, Akré Paul a eu raison de s’offusquer de l’impréparation de cette AGO : « j’avoue que cette AGO a été un folklore. Nous avons eu l’impression que le CN-FIF n’a pas préparé cette rencontre », a-t-il critiqué. Mais passons. Car une autre session mixte, est prévue dans à peu près un mois pour à la fois réanalyser les comptes de l’ancienne équipe fédérale. Et pour plancher sur les textes. Mais qu’est-ce qui prouve que le délai du 20 décembre sera respecté à la lettre ? D’autant plus que la Normalisation, par la douce voix de sa présidente, Dao Gabala, nous avait déjà juré, la main sur le cœur, que l’AG Elective allait se tenir en novembre. Rien ne dit aussi qu’elle tiendra parole pour cette nouvelle date du 20 décembre au plus tard. Moi je n’y crois pas. Et vous ? En fait, tout porte à croire que le CN-FIF est en train de ruser avec les clubs. Il prend malin plaisir à jouer au jeu de cache-cache dans la gestion du processus électoral. Et cette date du 20 décembre nous laisse dubitatifs. Et pour cause. En effet, en choisissant 20 décembre au plus tard pour la tenue de l’AGE,  le CN-FIF offre très peu de manœuvres à la nouvelle équipe entrante de préparer la CAN 2021, prévue du 9 janvier au 6 février 2022. En effet, à supposer que le 20 décembre soit respecté, le nouveau Comité Exécutif n’aura que 20 jours pour peaufiner sa stratégie. Autrement dit, élaborer son budget- préparation et compétition y compris-, composer sa délégation pour  le voyage du Cameroun. Ensuite, il lui faudra soumettre son budget à l’Etat. Or l’actuel exercice budgétaire tire à sa fin. Et le nouveau budget en préparation, c’est-à-dire, celui de 2022 doit être soumis à l’Assemblée Nationale avant la clôture de la prochaine session parlementaire avant fin décembre. Comme on le constate, la marge de manœuvre du prochain président de la FIF est très réduite par rapport à l’échéance de la CAN 2021. En fait, c’est comme si le CN-FIF s’était inscrit dans de petits calculs. De petites combines pour ne pas organiser cette AGE. En ce sens que rien ne l’empêchait de choisir la date du 1er novembre au plus tard pour la tenue du scrutin s’il voulait jouer franc-jeu. Pour tout dire, si ce n’est pas une entourloupe de la part du CN-FIF afin de prendre en otage le processus électoral, son attitude n’est pas innocente non plus. Car, pourquoi le 20 décembre au plus tard et non pas une date plus avancée ? Cela fait quand même 9 mois  que la Normalisation est en place. Et elle aurait pu engager ses reformes à pas de course. C’est-à-dire, faire la révision des textes concomitamment avec le jeu. Or, elle a priorisé les compétions au détriment des textes. Résultat des courses ? Le processus avance à pas de l’animal le Paresseux. En tout cas, aurait-elle un agenda caché qu’elle ne s’y prendrait pas autrement. Et cet agenda si bien dissimulé, n’est autre que la CAN 2021 qu’elle veut piloter. Ne nous gênons pas pour le dire. Car, rien ne dit que la main de la tutelle ne serait pas derrière cet agenda caché. Franchement, il ne serait pas surprenant que ce scénario cousu de fil blanc ne se fasse pas en collusion avec la tutelle. En effet, si la Normalisation devrait conduire les Eléphants au Cameroun, il est clair que la tutelle lui imposera tout. Elle va fourrer son nez dans tout. Dans la confection du budget, dans la composition de la délégation. En un mot, c’est elle qui gérera tout le budget de la CAN. Le complot ainsi éventé, il appartient aux clubs d’être sur leurs gardes. Malheureusement, au regard de l’indolence dont ils font preuve dans la conduite du processus de normalisation par le CN-FIF, il ne faudrait guère s’étonner si la transition repousse l’échéance de l’AG Elective de nouveau à la Saint-Glinglin. Il ne sera pas digne que le football ivoirien soit sous normalisation en allant à la Yaoundé 2021. Ne crions donc pas victoire trop tôt. Car, rien ne dit que ce 20 décembre au plus tard sera respecté. Et ne prenons pas l’engagement de sa présidente comme parole d’évangile selon Sainte Dao Gabala. Ni comme une prophétie de foi. Mais soyons plutôt des Saint-Thomas. Et moi j’en suis un. Un fidèle en plus.

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