Coup d’Etat chez les Oyés

L’actualité sportive, en fin de semaine dernière, a été marquée par un fait qu’on pourrait qualifier d’insolite. Tant il paraît invraisemblable. Du fait qu’aucun d’entre nous n’aurait pu imaginer un tel scénario au moment où tout le monde pensait qu’enfin, le club vert et rouge ne naviguerait plus en eau trouble. Et qu’il venait de retrouver sa sérénité après le changement opéré à sa tête. Hélas, c’était mal connaître l’ADN de ce club, dont la vie rime avec désordre. Et pagaille. Sauf que, cette fois-ci, ce ne sont ni les supporters, ni les dirigeants qui sont en train d’installer la chienlit dans leur club. Mais bien la FIF. Aussi bizarre que cela paraisse, aussi invraisemblable que cela soit, l’organe censé réguler le foot ivoirien, supposé faîtière de notre sport-roi, est à la base de ce cafouillage. De  ce bicéphalisme. Bref, ce qui se passe chez les Oyés n’est ni plus ni moins qu’un putsch. Un coup d’Etat perpétré par la FIF pour introniser l’ancien prince. Au détriment de la direction intérimaire. En effet, en réceptionnant la demande d’engagement de l’Africa, version Vagba, dont le président gracié par la tutelle au sortir d’une suspension de 9 mois pour faute lourde contre l’éthique sportive, la FIF a légitimé le président que les membres associés avaient chassé. Il s’agit d’une vraie forfaiture de la part de l’organe fédéral. Et cela est inadmissible pour une fédé dont la mission première est de gérer le foot ivoirien avec transparence, équité et probité. C’est-à-dire en tenant compte des critères de bonne gouvernance. Sous prétexte de voler au secours d’un dirigeant coupable de faux et de forfaiture pour avoir aligné une équipe de mercenaires pour jouer au nom de l’Africa-Sports dans une compétition officielle d’une Fédération de football affiliée à la FIFA et à la CAF, qui plus est, l’instance fédérale est en train de foutre la merde au sein de cette formation des Aiglons. Et c’est regrettable. Car, sous d’autres cieux, un tel dirigeant coupable d’une telle forfaiture aurait été banni à vie. Tout simplement. Et avec lui, son complice, en l’occurrence, le chef de l’administration de la FIF, de surcroît Préfet Hors-grade, Sam Etiassé, pour avoir cautionné, voire adoubé la tricherie du président Vagba. « Si l’Africa Sports ne partait jouer, c’était le forfait. Et le forfait est plus dangereux que ce qu’ils ont fait », avait-il confessé dans les colonnes d’un confrère. Un tel aveu ne peut pas resté impuni dans une fédération normale. Un crime n’est jamais parfait. En suspendant Vagba Alexis pour ensuite le gracier, 3 mois après, pour des faits aussi graves que ceux reprochés aux trois autres dirigeants et un ex-footballeur, Me Roger Ouégnin, Salif Bictogo, Armand Gohourou et Gouaméné Alain, la FIF était dans la tactique. Dans la stratégie. En fait, elle ne pouvait pas sacrifier l’un de ses pions sûrs dans sa lutte contre le GX. Et Vagba Alexis est le chef de file de ses soldats loyalistes. Autant dire que son « anango plan » a bien fonctionné. Puisque la FIF a blagué Bahi Antoine en lui offrant, tous frais payés un voyage touristique au Caire. Et pendant que le président des Membres associés se la coulait douce sur les bords du Nil, le camp Vagba introduisait, sur recommandation de la faitière, la demande d’engagement du club vert et rouge pour la saison à venir. Bahi Antoine l’aura donc appris à ses dépens. Lui qui s’était pourtant affiché comme un soutien sans faille au président de la FIF. Seulement voilà. On ne dîne pas à la table du diable, si on n’a pas de grandes fourchettes. La pagaille est donc de retour à l’Africa. Le bicéphalisme aussi. Un club deux présidents. Par la faute de la FIF. Ceci étant, pendant que le club vert et rouge est secoué par un coup d’Etat, que les MAM ne savent plus à quel saint se vouer pour que leur club retrouve enfin une certaine stabilité, la CAN bât son plein. Et les premiers matches des 8èmes de finale nous ont réservé de belles surprises. Qui aurait cru en effet que les repêchés allaient mener la vie dure aux qualifiés directs ? A commencer par l’élimination surprise du pays organisateur, septuple champion d’Afrique, bouté hors compétition par une surprenante équipe des Bafana Bafana. Que dire aussi du Bénin qui s’est payé le scalp des Lions d’Hervé Renard ? Tout porte à croire que nous assistons à une CAN pas comme les autres. Une CAN des exploits. Comme le formidable parcours des Bareas malgaches qui disputeront les quarts de finale, au nez et à la barbe des soi-disant grands restés à quai : le Cameroun, la RD Congo. Voilà pourquoi nos chers Pachydermes ne devraient pas regarder de haut ces petits aigles maliens, capricieux et enquiquineurs de premier ordre. Dans quelques heures, nous serons situés si nous devons fêter. Ou pleurer.

Kambiré Elie

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