Coup de force pour une confiscation du pouvoir

Qu’on ne s’y trompe pas. L’affaire est trop sérieuse pour qu’elle puisse rester en l’état. Et passer par pertes et profits. Autrement dit, une fois la date butoir du 30 juin consommée, le football ivoirien n’aura plus statutairement de président de Fédération à sa tête. C’est bien l’une des dispositions de l’article 42 en son alinéa 2 relative au « Mode de Scrutin » qui le signifie sans autre forme de procès : « L’élection du Président a obligatoirement lieu au plus tard le 30 juin suivant la fin de la quatrième année civile de son mandat. » C’est clair. C’est net. Et c’est sans bavure. Au regard donc de cette disposition statutaire, qui fait injonction au COMEX sortant de tenir dans les délais prescrits par les textes, son AG Elective, il ne fait l’ombre d’aucun doute que la FIF de Sidy Diallo est carrément hors-jeu. Et totalement disqualifiée pour le reste du processus électoral. De même que le chef d’orchestre lui-même n’est plus légalement fondé à diriger la Fédé après le 30 juin 2020. Aussi a-t-il beau invoquer ou chercher à s’abriter derrière d’autres dispositions statutaires, telles que les articles 43 en son alinéa 1 concernant la « Durée des Mandats », ainsi que 100, s’agissant des « Cas non prévus et de force majeure », aucun texte réglementaire, aucun accord tacite, ne l’autorisent à aller au-delà de son mandat statutaire. Sauf passage en force. Et une telle forfaiture n’est rien d’autre qu’une confiscation du pouvoir. Un coup d’état en quelque sorte. Ce n’est aussi pas parce qu’elle va enrober son putsch de certaines dispositions statutaires, comme ce passage de l’al.1 de l’article 43 au sujet de la durée du mandat du président « qui prend fin à l’issue de l’Assemblée Générale », que la Fédération pourra se prévaloir d’une légalité statutaire. Non, c’est archi-faux. Et un crime n’a jamais été parfait. Car, même revêtu du manteau de la légalité, il s’agira toujours d’un acte hors-la-loi. D’autant plus que pour masquer sa forfaiture, la FIF a soigneusement caché sous ses aisselles l’al. 2 l’art.42, situé juste au-dessus de l’art.43, qui, en aucun cas, n’est détachable à l’al.1 de l’art.43. Les deux dispositions étant liées. Et l’une ne peut pas allée sans l’autre. Ce n’est donc pas pour les beaux yeux d’un président de Fédération, fut-il Augustin Sidy Diallo, que les clubs ont pris soin d’user de l’adverbe « Obli-ga-toi-re-ment ». Qui, selon le Larousse, veut dire, inévitablement, forcément ou nécessairement. Et l’al.2 de cet art. 42 stipule que « L’élection du Président a obligatoirement lieu au plus tard le 30 juin suivant la fin de la quatrième année civile de son mandat. » En un mot comme en cent, il s’agit d’une disposition dont le caractère contraignant n’offre aucune possibilité, aucune fenêtre au bureau sortant de prendre ses membres actifs pour des bourricots. En clair, quoi qu’il fasse, qu’il le veuille ou non, qu’il use du dilatoire pour confisquer le fauteuil présidentiel, une fois la date butoir du 30 juin passée, Augustin Sidy Diallo n’est plus apte à diriger la FIF. Ni acharnement. Ce n’est ni harcèlement encore moins règlements de comptes. Mais pure réalité fondée sur le statut de la FIF. Le football ivoirien se trouve donc confronté à un vide juridique. Et à tout point de vue, si par extraordinaire, cette AGO du 4 juillet se tenait, elle serait aussi frappée du sceau de l’illégalité. Car, convoquée par une faîtière illégale. Mais qu’on ne s’y méprenne pas. La tolérance ou la passivité des clubs qui iront à cette AGO ne veut pas dire qu’elle est légale. Car, tant qu’ils n’auront pas purgé ce vice, tous les actes posés seront frappés de l’illégalité. Et d’illégitimité. D’autant que la mise en place des organes illégaux ouvrira forcément la voie à de futures contestations. Car, rien ne saurait empêcher n’importe quel dirigeant, n’importe quel quidam, d’attaquer toutes les décisions issues de cette AGO ou AGE devant les juridictions compétentes. La boîte de pandore ainsi ouverte, laisse place à la contestation. Mais, il est cependant dommage et regrettable que les clubs aient, par leur silence, choisi de l’accompagner dans cette forfaiture. Les candidats itou. En tout cas, ce qui se passe sous nos yeux est franchement surréaliste. Car, jamais, dans l’histoire du football ivoirien de ces 20 dernières années,  la classe dirigeante n’avait fait preuve d’autant de mollesse. De laxisme. Et, ironie du sort, ces dirigeants-là ont tout fait pour tuer leur si joli bébé, le GX. Et pourtant, c’était l’unique plateforme qui leur permettait de donner de la voix.  De dénoncer les dérives fédérales. Et si cet instrument n’était pas mort et enterré, il aurait sans doute déjà produit une déclaration. Ne serait-ce que pour prendre acte de la fin du mandat statutaire du président Sidy Diallo. Quitte à l’amener à la table de discussion. De négociation. Mais hélas, hélas, le match est plié. Faute de joueurs. De grands joueurs. Parce que le GX a jeté son bébé avec l’eau du bain. Hélas !

 

 

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