Controverse autour d’un consensus

C’était une visite pas comme pas les autres. Avec une odeur d’entourloupe aux abords. Car, derrière le fameux et brumeux projet de création « d’un championnat panafricain de football interscolaire, CAF-FIFA», les présidents, de la FIFA et de la CAF, étaient à Abidjan pour une seule chose : « vendre Didier Drogba. » C’est tout. Sinon tout le reste n’est que saupoudrage. Cosmétique. Chez nous ici, on dit « blagué tué. » Et le choix de la Côte d’Ivoire pour piloter ce projet n’est pas fortuit. Il a été savamment mûri. En fait, pour séduire les acteurs ivoiriens, la FIFA et la CAF leur ont brandi le projet pilote de championnat panafricain interscolaire. Et in fine, ils leur ont soufflé de faire pression sur les clubs pour qu’un consensus soit trouvé autour de la candidature de leur poulain, Didier Drogba. C’est vrai. Ni Infantino, ni Motsepe, n’a pas eu le culot de dire tout haut ce qu’il a pensé tout bas. Mais question. Un consensus autour du candidat DD est-il réalisable ? Autant demander au bon Dieu sa barbe. Personnellement j’en doute. Et je n’y crois pas. Sauf miracle de Dieu. Disons-le tout net. Le médiateur Jacques Anouma a du pain sur la planche. Et sa médiation a même échoué avant d’avoir commencé. Car, les positions sont figées. Il gagnerait plutôt à dire déjà à ses deux mandataires qu’ils devront accepter un scrutin ouvert en novembre prochain. Et certains candidats l’ont déjà dit. Leurs candidatures sont non négociables. Pour le reste, les deux présidents de la FIFA et de la CAF, ont mis les petits plats dans les grands avec leur affaire de championnat panafricain interscolaire de football. Et une cagnotte de 5 milliards a été dégagée à cet effet. Mais ce projet est-il, pour autant viable ? Difficile de le dire. On sait en revanche une chose. L’Afrique sub-saharienne souffre d’un manque criant d’infrastructures sportives. Que pèseront donc les 5 milliards dans ce déficit d’infrastructures sportives dans les établissements. Pour sûr, la rareté des espaces de jeu, l’absence de terrains au sein de nombreux établissements scolaires…sont autant de facteurs endogènes et exogènes qui risquent de mettre du plomb dans l’aile de ce projet. Rien ne dit aussi que cela soit le meilleur canal pour assurer une meilleure formation des jeunes talents. D’autant que dans le passé, les compétitions scolaires et universitaires ont existé sans pour autant donner des résultats probants en matière de développement du football des jeunes. En somme, si hier, le Sport scolaire et universitaire a été l’un des canaux qui a permis la détection et la révélation de nombreux de jeunes talents, beaucoup d’eau a aujourd’hui coulé sous les ponts. Et, de nos jours, il n’a plus pignon sur rue. Car, d’autres canaux de détection, de révélation et de formation de pépinières ont pris le relais. C’est-à-dire, les centres de formation ou autres écoles de football structurés ou exerçant dans l’informel. En d’autres termes, les établissements scolaires et universitaires ne sont plus un passage obligé pour le développement du football de jeunes. Aussi, n’est-il pas inutile de rappeler que le football ivoirien n’a pas bâti sa notoriété et sa réputation à partir d’un système sportif scolaire et universitaire performant. Elle n’a non plus pas glané ses lauriers, 2 CAN et 4 Coupes continentales au niveau des clubs, 3 participations à un Mondial, bientôt 2 participations aux JO, grâce à une politique de Sport-Etude. Non, pas du tout. Car, tous ses succès sont plutôt le fruit d’une conjugaison de plusieurs facteurs. Entre autres, l’émergence d’une race de grands et bons joueurs dans un passé récent. La détection et la formation de jeunes talents. L’organisation d’un club, en l’occurrence, l’Asec Mimosas.  La compétence de ses cadres techniques, le savoir-faire d’une race de dirigeants et l’apport de ses  binationaux. Dès lors, si la CAF veut relever le niveau du football africain pour gagner un jour la Coupe du Monde, il lui faudra d’abord, créer certaines conditions parmi tant d’autres. Notamment, l’organisation des clubs et leur compétitivité sur la scène internationale ainsi que l’attractivité de ses compétitions étalons que sont la C1 et la C2. Et cela permettra de mieux revaloriser ses compétitions domestiques. Dans cette optique, pourquoi la CAF ne relèverait-elle pas la cagnotte des vainqueurs de la C1 et C2 ? De même qu’une meilleure redistribution des gains du foot pourrait contribuer à relever le niveau du football africain. En tout cas, peu importe la formule utilisée, bonus et malus, pourvu que les clubs qui disputent la C1 ou la C2 puissent augmenter leurs gains en fonction des gagnés. Pour  tout dire, l’Afrique gagnera forcément un jour le mondial. Et cela qu’il pleuve ou qu’il neige. Ce n’est pas un rêve. Mais une réalité. Peut-être pas avec Motsepe à la tête de la CAF. Ni avec Gianni Infantino comme patron de la FIFA. Mais avec un autre président. C’est certain.

 

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