Ben Badi, la vérité qui fâche

Diantre ! Qu’a pu bien dire de si grave, de si méchant, de si satanique, de si tordu notre « Mouton d’or national » pour qu’une « fatwa » soit lancée contre lui, au point de le livrer à la vindicte des soi-disant gardiens de l’orthodoxie d’un nationalisme mesquin. Et de mauvais aloi ? En effet, en disant tout haut ce que de certains hypocrites pensent tous bas,- et Dieu seul sait ô combien ils sont nombreux- l’ex-buteur des Eléphants a soulevé l’ire des chantres de la préférence nationale. Mais, au fait, de quel crime de lèse-majesté l’accuse-t-on ? Celui de délit d’opinion. Parce qu’il a commis l’outrecuidance de réclamer le départ du sélectionneur national : « le costume de sélectionneur, trop gros pour Kamara Ibrahim ».  C’est tout ! Tollé général. Levée de boucliers par-ci. Lynchage systématiquement par-là. Les réseaux sociaux étaient en ébullition. Il n’y avait plus qu’à décreter la « mise à mort » de cet artiste du ballon qui jadis, donna tant et tant de plaisir à tous les férus du football. Bref, comme s’ils lui déniaient toute liberté d’expression, ces soi-disant donneurs de leçons et nouveaux défenseurs de la première heure des entraîneurs locaux ne se sont pas gênés pour couper la tête de Ben Badi sur la place publique. Or en sa qualité d’ancien footballeur, fort de son passé de redoutable buteur, en fonction de son vécu, de son talent et de son expérience dans la haute compétition, l’ancien buteur de l’Asec Mimosas a le droit de donner son opinion sur la marche de l’équipe nationale. Sans langue de bois. Et personne, aucun patriote, fût-il le plus téméraire, ne peut lui contester toute légitimité à se prononcer sur le football. Un domaine qu’il connaît bien, pour avoir été pratiquant au même titre que l’actuel sélectionneur des Eléphants. Et  pour n’avoir pas non plus été un joueur intermédiaire dans sa génération comme certains. En un mot comme en cent, Abdoulaye jouit de la légitimité à analyser, à traiter l’information sportive et ce, au même titre qu’un Christophe Dugarry, un Habib Beye, un Patrick MBoma, tous consultants sur les chaînés de télé et radio françaises. A la vérité, c’est plutôt, la pertinence de l’analyse de Ben Badi qui dérange. Parce qu’au fond, la vraie question qu’on se pose est de savoir si Kamara Ibrahim est le sélectionneur qu’il faut aux Eléphants : « Il faut tourner la page Kamara et donner à cette équipe une âme, un entraîneur qui pourra apporter beaucoup à cette équipe. Il doit encore aller apprendre », a répondu Ben Badi sur un site en ligne de la place. Au demeurant, n’est-il pas absurde de juger cette campagne des Eléphants positive, sous prétexte qu’en dépit de leur élimination en quart de finale, ils ont livré une belle prestation face à l’Algérie ? Que nenni ! Car une Can ne se joue pas sur un match. Et c’est justement ce qu’a relevé Ben Badi contrairement auxsatisfécit des autres : « La Coupe d’Afrique ne se joue pas en une seule rencontre (…) Nous sommes sortis en 8èmes de finale, non pas parce qu’on méritait d’être éliminé à ce niveau de la compétition. Mais, on n’avait pas une équipe pour arriver loin. On joue notre seul bon match contre l’Algérie. Comme je l’ai dit, la CAN, ce n’est pas un seul match. » Et il n’a pas tort. La Côte d’Ivoire ne saurait se cacher derrière le dernier match face à l’Algérie, pour juger que cette campagne ne fut pas un échec. Cela relève d’une véritable hérésie. Un seul bon match sur 5 ne saurait, en tout cas, effacer le visage hideux de cette sélection. Car, on ne peut pas posséder un potentiel aussi riche que les 23 autres sélections et ne pas produire du jeu. Avec un contenu aussi médiocre. Et quand une équipe joue aussi  mal, qu’elle n’a ni fond de jeu, ni discipline tactique, la responsabilité incombe d’abord à l’entraîneur. C’est une vérité connue de tous en football. Bref, l’échec est là. La Fédé doit l’assumer. Les Clubs attendent qu’elle fasse son bilan. Les Ivoiriens aussi. D’autant plus que le voisin ghanéen a donné l’exemple. Il a rendu compte de l’argent qu’il a dépensé en Egypte. Sur un budget de 3 milliards, la Fédé en a dépensé 2 dans cette CAN. Cela s’appelle la transparence qui, justement, est le problème du football ivoirien. En fait, depuis que cette fédération est là, le football ivoirien marche sur la tête. Il n’a plus de visibilité sur le plan international. Ni de dirigeants charismatiques pour le représenter dans les instances continentales. Heureusement que la CAF vient de faire un pont d’or à la Côte d’Ivoire en nommant l’Avocat Brizoua-Bi à la Gouvernance de son institution. Et pendant que la FIF tourne le dos à ses cadres valeureux, comme Brizoua qui avait rendu son tablier à l’époque, la CAF et la FIFA les recrutent. C’est tout le paradoxe du football ivoirien. Comme le faux procès fait à Ben Badi. Mais lui au moins n’est pas hypocrite. Comme certains…

Kambiré Elie

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