Africa, triste fin pour un club à histoires

L’Africa-Sports est descendu en Ligue 2. 74 ans après avoir été porté sur les fonts baptismaux par ses pères fondateurs Bailly Pascal, Pierre Doua Sery dit Mogador, Léon Blé, Albert Guigui, Pierre Zokou un 27 avril 1947 à Treichville, Habitat Craône, le Club Sportif Bété, l’ancêtre de l’actuel club vert et rouge, gouttera l’enfer de la D2. Mais, au fond, la relégation des Aiglons est tout sauf une surprise. Tant elle était prévisible il y a belle lurette. Ce n’était qu’une question de temps. En fait, le club vert et rouge est victime de ses propres turpitudes. Et il a payé cash plus de deux décennies de crises qui ont jalonné son parcours. Perturbé son existence. Terni son image, entaché son aura et altéré sa crédibilité.  En tout cas, depuis que celui qui fut, durant près de deux décennies, son mentor, son mécène, bref, son messie, Simplice De Messe Zinsou, s’est retiré sur « sa colline », ses « ouailles » n’ont cessé de s’entredéchirer dans la vallée, le club est entré dans un cycle d’instabilités. De crises à répétition. Car même si dans le passé, l’Africa a connu des crises, elles n’avaient jamais atteint ce degré de paroxysme. A tel point que l’après-ZS fut difficile pour ses successeurs. En effet, de Doré Lancine à Vagba Alexis, en passant par Alain Richard Donwahi, Kuyo Téa Narcisse et Koné Cheick, aucun n’a pu assumer son mandat dans la sérénité.  Obligés de combattre, à leur corps défendant, la rébellion des groupes de supporters. A l’Africa, chaque camp a son groupe de rebelles. D’agitateurs. Et de perturbateurs. Ces semeurs de trouble jouaient les hooligans dans les stades, quand leur équipe ne gagnait pas. Ou quand ils suspectaient l’arbitre de partialité. L’un mis dans l’autre, la relégation du club est, peut-être, un mal pour un bien. Comme ça le prochain président qui fera grimper le club en Ligue 1 travaillera dans la tranquillité. Loin des tintamarres des supporters instrumentalisés. Sinon, à bien y regarder, l’Africa-Sports n’a pas un problème de textes. Mais le mal de ce club se trouve dans la mentalité de ses supporters. Voilà pourquoi, on lui aura beau rédiger les meilleurs statuts, l’aura doté de la meilleure « constitution » de la planète, ce club n’évoluera pas tant que la mentalité de ses supporters ne changera pas. Et, il restera toujours exposé aux crises à répétition. Jadis considéré comme l’un des baromètres de notre football, le club vert et rouge n’est plus que l’ombre de lui-même. En un mot, il reste une coquille vide qui ne repose sur rien. Et qui n’existe nulle part. Ni à l’Etat civil, ni même dans les archives du ministère de l’intérieur. En un mot comme en cent, l’Africa est un apatride. Un sans-papier. Un SDF. Pour tout dire, tant que l’on n’ôtera pas  de la tête des MAM, cette mentalité d’éternels assistés, également cette obsession à toujours vouloir confier les rênes du club à un président plein aux as, l’Africa Sports restera à jamais un petit club. Appelé à disparaître. Au demeurant ce club n’est pas à sa première administration provisoire. En 2013 en effet, le notaire Cheikna Sylla, avait été désigné par Feu Sidy Diallo pour conduire la transition après l’éviction de Koné Cheick Oumar. Et Bakayoko Capit fut chargé de lui rédiger de nouveaux textes. Mais, cela n’a pas ramené, pour autant, la paix au sein du club vert et rouge. Un bicéphalisme est même né à la tête du club entre les deux associés d’hier, Vagba Alexis et Bahi Antoine. L’Africa s’est donc retrouvé avec deux équipes. Le point d’orgue de ce bras-de-fer fût l’utilisation de « mercenaires » par le camp Vagba dans un match de L1. Une paix de braves a été signée entre ces « deux frères ennemis ». Mais elle fut de courte durée. Une autre crise, née du processus électoral à la tête de la FIF, a de nouveau, déchiré les deux camps. A l’Ouest donc rien de nouveau. Car, la relégation de l’Africa Sports en Ligue 2 n’est que l’aboutissement d’un enchaînement de crises. Et le résultat d’une succession de bêtises. Désormais installé dans un rôle « d’administrateur séquestre », Yves Zogbo Junior joue en tout cas gros. Il ne s’agit pas de trouver simplement un remède de cheval pour sauver le « soldat Africa ». Mais plutôt de lui inventer une mixture miracle qui le guérira à jamais de cette instabilité chronique qui lui colle à la peau comme une sangsue. D’autant que le club vert et rouge est, à lui seul, une montagne de difficultés. Et un condensé de problèmes. Cela dit, si la révision des textes peut permettre au club de nettoyer de fond en comble la maison vert et rouge, il n’en reste pas moins vrai, que, le changement de mentalité constitue l’élément primordial, une sorte de clé de voûte, qui donnera naissance à un supporter nouveau de l’Africa Sports. Et par ricochet opérera une rupture avec un passé plein d’instabilités.  Kaloua peut-il cependant réussir là où ses devanciers se sont cassés les dents ? Si oui, alors l’Africa n’est pas frappé de malédiction. Mais si non, c’est que l’Africa est un club damné. Dans ce cas, il ne lui restera plus qu’à implorer les mannes. Et à solliciter également la clémence de Seri Mogador et les autres anciens pour qu’ils déterrent le …F.

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