2 pelés et 3 tondus, alea jacta est

C’est à se demander parfois si le football ivoirien ne marche pas sur la tête. Sinon, rien n’explique que certains acteurs soient constamment dans le déni pour contourner la vérité quand il s’agit de poser les vrais problèmes. La crise au sein de notre football en est le parfait exemple. Car, aussi paradoxal que cela paraît, certains acteurs ont cru trouver en la presse sportive le bouc émissaire idéal de leurs propres turpitudes. Au lieu donc de rechercher en leur sein, les coupables de ces crises à répétition dans lesquelles patauge le football ivoirien depuis belle lurette, ces acteurs-là ont préféré porter des œillères pour surfer sur du faux. Et sur le mensonge. Depuis quelques temps, et à la faveur du processus électoral en cour, un concept brumeux baptisé : « balle à terre » a vu le jour. Et les initiateurs demandent à la presse sportive de « désarmer la plume ».  L’objectif de ce concept bizarre est, selon les initiateurs, de faire l’unité au sein du football ivoirien. Si tel est le cas, alors c’est raté. Ils ont fait chou blanc. Car, l’unité au sein du football ivoirien se fait avec tous les acteurs, sans exception. Et non uniquement avec deux pelés et trois tondus réunis dans une salle. Furent-ils de futurs candidats à la FIF. Et, alors alea jacta est. L’union est scellée. Même si, l’absence remarquée de certains dirigeants significatifs montre bien que l’objectif de ce concept « balle à terre » était ailleurs. Et non une affaire d’unité. Mais revenons à nos…moutons. Il est déplorable que la presse sportive soit mise au banc des accusés dans la crise qui déchire le football ivoirien. Et les « inventeurs » de ce concept semblent tout confondre. En effet, mettre les médias sportifs et les réseaux sociaux sur le même pied, n’est pas du tout acceptable pour les professionnels de la communication. Car, c’est mélanger les serviettes et les torchons. En tout cas, la presse sportive ne saurait être responsable des publications sur les réseaux sociaux. L’équivoque étant levée et les malentendus dissipés, il faudra rappeler à ces nouveaux « apôtres » de l’union de la dernière heure, que, jusqu’à preuve du contraire, la presse sportive n’a jamais été partie prenante dans les différentes crises au sein du football ivoirien. Ni auteur, ni co-auteur. Car, elle n’a pas pour vocation de susciter des palabres au sein des fédérations. Ce n’est non plus dans son intérêt d’installer la chienlit dans toutes ces disciplines sportives. Et lui demander de mettre balle à terre, de désarmer sa plume, c’est la désigner comme coupable. Et puis, au fond, la question essentielle n’est pas de savoir quels sont les responsables de ces crises à répétition, mais plutôt qu’est-ce qui provoque les crises au sein du football ivoirien? Et pourtant la réponse est simple. Il s’agit tout simplement d’un problème de gouvernance. C’est tout. Ce n’est pas sorcier à comprendre. Si les clubs ne sont pas contents de la façon dont leur fédération gère le football, quoi de plus normal qu’ils lèvent le ton ? C’est la mauvaise gouvernance, d’ordre financière ou sur le plan des résultats sportifs, qui crée les crises. Cela a toujours été comme ça. Hier comme aujourd’hui. C’est vrai. Avec le défunt président Sidy Diallo, la crise a atteint son paroxysme. Du fait que l’ex-COMEX avait dépassé les bornes de la mauvaise gouvernance. Ce n’est donc pas la presse qui a créé le GX pour qu’il dénonce la gestion chaotique de Sidy Diallo. Ce n’est non plus pas elle qui lui a payé le billet d’avion pour qu’il aille au siège de la FIFA à Zurich pour accuser sa Fédération de mauvaise gestion. Et puis, si le processus électoral a été suspendu par la FIFA, ce n’est pas par le fait des journalistes sportifs. En tout cas, il faut faire la part des choses. Car, si la FIFA s’est invitée dans le débat ivoirien, c’est parce que la FIF et sa Commission Electorale ont failli dans la conduite du processus électoral. Et comme en sous mains, la FIFA, elle-même, cherchait à  sauver la tête de son poulain, le « soldat DD », alors elle a saisi la balle au bon pour tout bloquer. Et installer une transition. Dans la même veine, il est inconcevable que certains acteurs s’échinent à faire croire qu’une élection soit source de désunion du football ivoirien. Au demeurant, seul un scrutin crédible  permettra à notre sport-roi de repartir du bon pied. Car, le président élu, aura pour lui la légalité et la légitime pour ramener la paix au sein de la famille. Sauf si, derrière cette histoire d’unité, vantée et chantée à tout vent, se cache en réalité un funeste projet de consensus autour d’un candidat. Disons-le donc haut et fort. Notre sport-roi n’est pas en crise à cause du scrutin à venir. Mais il s’est trouvé divisé à un moment, parce qu’il était mal géré. Et si le prochain président s’adonne aussi à une gestion calamiteuse, alors il trouvera des clubs sur son chemin. Car, après la parenthèse ASD, il serait intolérable que le football ivoirien retombe dans ces mêmes travers. Il est donc inutile de demander à la presse sportive de jouer balle à terre. Et de désarmer sa plume. Parce qu’elle ne le fera pas.  A bon entendeur…

 

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