Etienne Kouya (confident et ami de Léon Gbizié): « Gbizié a été un bon père pour Serge Aurier »

Depuis quand avez-vous fait la connaissance de Léon Gbizié ?

C’est depuis les années 70 que j’ai connu Léon Gbizié. Mais, c’est à partir de  2008  que nous avons été de bons amis et confidents. Léon partait expédier ou réceptionner un colis à la gare de Gagnoa de la Rue Princesse. J’étais devant mon imprimerie et je l’ai intercepté. Depuis lors, pratiquement tous les jours Léon venait du Dokoui passait me voir. C’est le début de nos relations.

 

Comment êtes-vous parvenu à devenir son confident ?

Léon est plus âgé que moi. Mais,  il  a voulu qu’on soit des amis dans cette relation. Il me confiait certaines choses de sa vie. Surtout les relations avec son fils Aurier.

 

Que saviez-vous réellement des relations entre Aurier et son père ?

Léon a beaucoup aimé Serge Aurier. Il  était très fier de lui. C’est la réciprocité de cet amour que j’ignore. Puisque je ne suis pas en Serge Aurier pour le savoir. Un jour, Léon m’invite à rencontrer son fils au vert à l’Hôtel Ivoire lors d’un regroupement des Eléphants. Il a dit à Aurier, je te présente ton Grand Frère qui m’aide beaucoup au pays. J’ai tenu que tu fasses sa connaissance.

 

Et quel a été la réaction d’Aurier ?

Il a bien réagi. Aurier est monté dans sa chambre d’hôtel et est revenu avec 2 maillots de Toulouse qu’il nous a remis. Pour montrer encore son amour pour son fils, lors d’un match des Eléphants, j’ai convié chez moi, Léon Gbizié, Kobinan Kouma, Petit Koffi, Bawa Paul et Ben Bawa Gaston. Et à chaque fois qu’Aurier touche le ballon, Léon criait : «  le fils de son père ». Il était fier de son fils.

 

Pouvez-vous faire quelques confidences de vos relations ?

Pour le respect de sa mémoire, je suis tenu de dire la vérité. Léon a été un peu affecté par les faits posés de Serge, surtout lorsque les Eléphants de Côte d’Ivoire ont remporté la CAN en  2015.

 

Que s’est-il passé ?

Lorsque  le Président Ouattara a convié les joueurs au Palais présidentiel pour les hommages de la nation, Aurier n’a pas daigné inviter son père à cette cérémonie. C’est à 30 minutes du décollage de son avion pour le retour à Paris qu’il  a appelé Gbizié. Et c’était comme ça tout le temps quand  Serge vient au pays.

 

C’est dire que leur relation n’était pas au beau fixe ?

Je ne dirai pas ça comme ça. Mais, il faut dire que le fils se comportait  de façon bizarre avec son père. Et Léon a approché vainement certains dirigeants de la FIF pour une intervention. Que Aurier sache que son père l’a aimé. La preuve,  lorsqu’il avait eu son problème  au PSG, j’ai reçu un coup de fil de la France d’un journaliste d’un grand organe de presse.

 

Pourquoi ?

Ce journaliste m’a dit que dans son investigation, il lui a été dit que je suis un confident de Gbizié et qu’il voulait savoir sur les relations entre  Léon et son fils. Je lui ai dit que le père est bien placé. Le journaliste m’a laissé entendre que Gbizié refuse. Il a vraiment insisté mais je suis resté aussi sur ma position. Gbizié ne voulait jamais s’ouvrir à la presse pour parler de son fils. Il le protégeait. Mais il eut un moment où il a failli craquer.

 

Comment ça ?

Il m’a appelé pour me dire qu’il voulait me voir en urgence. Nous nous sommes retrouvés et il m’a dit : «  Etienne, je veux porter plainte. Je n’ai pas été associé, ni informé du changement de paternité de mon fils. Je n’arrive pas à supporter que mon fils ne porte pas mon nom ». Je lui ai dit que ton enfant gagne sa vie  et tu dois être heureux car l’aventure a ses contraintes et il faut comprendre. Bref, nous avons échangé et il a posé ses armes.

 

Quand date votre dernier échange ?

Notre  dernier échange a été  délicat. Il a commencé par me relater l’histoire de sa fille dont il venait de reconnaître la paternité au soir de sa vie. Il m’a dit ceci : «  Etienne, j’ai perdu la vue et je ne peux plus me déplacer aussi, donc je ne pourrai pas venir te présenter ma fille comme je l’ai fait pour les autres. Au même titre que Serge et ses autres frères et sœurs, reçois la de ma part et aide-la dans la mesure de tes possibilités, mon ami… ». Je l’ai reçue et j’essaie de l’aider dans la mesure du possible. C’est elle qui, d’ailleurs m’a appelé nuitamment,  pour m’annoncer la triste nouvelle.

 

Avez-vous un souvenir de Léon Gbizié ?

Oui. C’était lors d’un match Stade d’Abidjan-Sporting Gagnoa au Félicia en 77. Pendant ce match, le Stade a opté pour la défense en ligne estimant mettre à profit la lourdeur au démarrage de Gbizié. La tactique de l’entraîneur stadiste était en train de payer lorsque Soumaila Savané a balancé le ballon entre la défense du Stade et le gardien Koffi Kouadio  dit ‘’Dino Zoff’’.

 

Et qu’est-ce qui s’est passé ?

Gbizié se lance à la poursuite de Sagnaba Soma. Il y eut un télescopage entre ce dernier   et Dino Zoff. Tranquillement, Léon prend le ballon et le catapulte au fond des filets. Les supporters du Sporting Club ont commencé à crier «  Tchoco – tchoco a baido !!! » qui voulait dire « Forcé, ça va rentrer » J’étais tombé fan de lui.

 

Quel est votre souhait pour votre ami et confident ?

Mon souhait, c’est d’inviter le monde sportif ivoirien et surtout la famille d’Abdoulaye Diallo à aider sa famille dans les préparatifs de ses obsèques. Gbizié a beaucoup souffert ses derniers jours sur terre. Il faut que l’enterrement soit à la dimension de l’homme et du service qu’il a rendu à ses différents clubs et à la nation ivoirienne.

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