Côte d’Ivoire Interview Salif Bictogo (PCA du Stella)   « Nous préparons l’après-Sidy Diallo »

Le président du Stella Club d’Adjamé, Salif Bictogo, s’est  prononcé  sur la situation de son club  qui peine à retrouver  l’élite 3 ans après sa descente en Ligue 2.  Actualité oblige,  il n’a pas manqué, en tant que membre influent du GX, d’expliquer  les raisons du long silence  de ce groupement  des clubs, quelque peu en perte de vitesse. Entretien.

Quel regard jetez-vous sur le début de saison du Stella d’Adjamé ?

En tant que PCA du Stella, je suis satisfait du travail abattu  par le président intérimaire.  Et je note qu’après 10  journées, le  Stella n’accuse que trois points de retard sur le leader. Et je suis aussi  heureux que   le club côtoie  les  premières places de son groupe.  Et c’est de bon augure  pour la suite du championnat

Pouvez-vous donc  prendre le pari que le Stella sera en Ligue 1 l’an prochain ?   

Le football est fait de beaucoup d’aléas. Ce qui fait le charme du football  c’est que le dernier peut  battre le premier.

Reste tout de même que cela fait trois ans que le Stella n’est plus au sein de l’élite de notre football ?

Les dernières années, certaines pesanteurs nous ont empêché  d’aller au bout de nos ambitions. Mais cette saison, nous sommes en train de tout faire humainement comme financièrement  pour retrouver l’élite.

Justement, quel est le budget du Stella en Ligue 2 ?

Nous avons maintenu nos salaires comme si nous étions encore en Ligue 1. Cela veut dire qu’en termes de salaire, nous déboursons prés  de 4 millions 800 mille francs cfa par mois. Quand on tient compte des frais liés au entraînement et les primes de match, cela suppose qu’il nous faut 7 à 8 millions par mois pour combler toutes les charges de l’équipe.  Par ailleurs,  je vous apprends que le Stella n’a pas perçu de subvention de la FIF, cette saison, à l’instar des autres clubs de Ligue  1, de Ligue  2 et Division 3.

Pourquoi ?

La Fédération a gardé  notre subvention pour payer  l’amende du PCA suspendu que je suis. Ce qui n’est pas conforme en réalité. Car,  la FIF sanctionne le club au lieu de sanctionner la personne. Mais le Stella reste le Stella. Les clubs de légende ont une histoire. Nous avons des engagements que nous nous efforçons de respecter.

Justement, parlant de sanction,  pourquoi  le président que vous êtes n’avez pas  introduit   un recours après votre suspension de  2 ans  comme l’a fait  Me Roger Ouégnin après  la peine de  12 mois  qui lui a été  infligée  par la commission de Discipline ?

D’abord  j’aimerai dire que  j’apprécie l’action de me Roger Ouégnin  à sa juste valeur.  Car, grâce à lui,  nous  savons  maintenant  que les  sanctions  que nous avons  écopées étaient illégales. Parce que la FIF a violé  les dispositions  statutaires  sur l’indépendance des organes  juridictionnels. Or tout le monde sait que  les deux présidents de la Commission de Discipline  et de Recours sont bel et bien  membres du Comité exécutif  de la FIF. Pour vous dire que toutes  les sanctions  à nous infligées  sont caduques. Tous les présidents et dirigeants qui ont été sanctionnés doivent donc porter plainte.

 En tant qu’un personnage central du GX, comment expliquez-vous que ce groupement ait été peu entendu sur la question de l’indépendance des organes juridictionnels de la FIF ?

Je reconnais qu’il y a eu une petite léthargie du GX à un moment donné. Parce que nous voulions permettre à la tutelle de trouver une solution à la crise.

 Pourquoi ?

Nous sommes dans un pays de dialogue. Nous souhaitons que les choses s’arrangent. Mais, quand  on a l’impression que nous ne comptons pour rien, alors il nous faut réagir.

Le GX n’est-il pas sincèrement en perte de vitesse aujourd’hui ?

Non. Je ne le pense pas. C’est vrai qu’il n’y a pas eu de réaction forte quand  on m’a suspendu ou quand  Me Roger Ouégnin ou encore Gouaméné Alain ont été sanctionnés. Mais, de temps en temps, il faut laisser la nature faire son œuvre. En tout cas, la boite de Pandore a été ouverte. On sait désormais que les sanctions qui ont été prises sont toutes irrégulières. Reste que cette Fédération reste dans sa logique de méchanceté et de persécution du GX.

C’est-à-dire ?

Au Stella, nous avons seulement pu nous engager pour la nouvelle saison qu’à une semaine de la fin du délai. Du fait de certains bureaucrates qui se croient plus royalistes que le roi. Ce même scénario se dessine aussi pour le président de l’ AGIR Guiberoua, Armand Gohourou. Ces mêmes bureaucrates, notamment Sam Etiassé, empêchent ce club de s’engager.

 Justement, ce problème de Guiberoua ne donne-t-il pas le sentiment que le GX ne soutient  pas ses membres les plus actifs ?

Le GX ne peut pas abandonner ses membres. Nous sommes solidaires de ce qui arrive à chacun de nous.

 

Me Ouégnin, Gouaméné Alain et aujourd’hui, Armand Gohourou, le président du club de l’ AGIR de Guiberoua ont tous été suspendus  par la FIF après  vous.  Avez-vous  le sentiment  que la FIF se livre  à  une chasse aux sorcières contre les membres du GX ?

Effectivement,  il ne s’agit  ni plus ni moins d’une vraie chasse aux sorcières  à laquelle  on assiste en ce moment.   Pour l’organe fédéral,  il s’agit de museler  certains  membres du GX considérés comme  influents. Et la FIF pense qu’en suspendant Me Roger Ouégnin, Armand Gohourou  ou encore moi, elle nous empêcherait de parler et étoufferait notre action. Mais il n’en est rien. Notre pensée est libre et nous continuons toujours notre combat.

 

Doit-on en déduire que le GX n’est pas à la croisée des chemins après  un an d’existence ?

Pas du tout. Nous avons décidé lors de notre dernière réunion du 13 décembre dernier  d’organiser  un séminaire après  les fêtes de fin d’année  pour déterminer les actions à mener.

Y a-t-il des pistes au niveau des actions que vous comptez mener ?

Nous préparons l’après-Sidy Diallo. Notre ambition est de voir comment nous allons reformuler le championnat de Côte d’Ivoire. C’est-à-dire  comment nous allons dissocier la Ligue professionnelle  et  la FIF.

Pourquoi ?

Il y a  une vraie  incompatibilité entre ces deux instances. Elles doivent être dissociées comme cela  se fait dans les autres  pays. La Ligue professionnelle doit être dirigée par les clubs professionnels et la FIF doit s’occuper des équipes nationales et du football amateur.

Autrement dit,  le départ du président Sidy Diallo  n’est plus une exigence  pour le GX ?

Aujourd’hui nous ne faisons pas une fixation sur ceux qui ont mis le chaos dans notre football. Nous pensons plutôt à la refondation de notre football. Nous savons déjà que la prochaine AG de la FIF aura lieu en juin 2019. On devrait donc savoir à partir de là, la date des prochaines élections qui ne devraient pas dépasser les six mois après l’AG ordinaire. C’est-à-dire entre  novembre et décembre. Mais si par extraordinaire un impératif comme la CAN, nous oblige à décaler l’AG en juillet, on devrait aller aux élections en janvier au plus tard.

Que devient la plainte du GX déposée à la FIFA qui avait débouché sur un audit de la FIF ?

Nous ne pouvons pas décider à la place de la FIFA. Sa Commission chargée de l’audit est indépendante. Nous sommes dans l’attente comme tout le monde.

Etes-vous optimiste quand au résultat de cet audit ?

La FIFA dira si la FIF a raison ou tort. Mais, en tant que président de club, je ne peux pas voir des irrégularités dans les comptes d’exploitation de notre Fédération et me taire. Quand je m’aperçois que les frais de communication de 2017 ont été budgétisés à 2 millions 500 mille francs cfa  et  que ce soit  35 millions de francs cfa qui sont sortis des caisses de la FIF pour cela, alors je ne peux que m’indigner. Dénoncer cela ne veux pas dire que nous sommes contre quelqu’un.

Parlons à présent de la CAN 2021 qui  a été  retirée  à  la Côte d’Ivoire. Pourquoi le GX a-t-il pondu un communiqué  qui se désolidarise  de la FIF?

Pour être solidaire de la FIF, il aurait fallu qu’on  règle d’abord la crise en notre sein et qu’on  recrée une union sacrée. Ensuite, la décision de traduire la CAF devant le TAS ne nous sied pas. On ne peut pas prendre le  risque de se mettre à dos la CAF et les autres Fédérations.

Qu’est ce que la FIF aurait dû faire?

On ne peut pas être dans la belligérance permanente avec les institutions internationales. Le mieux aurait été de privilégier le dialogue. Surtout que l’on nous a accordé l’organisation de la CAN  depuis 2014.

Mais le bras de fer engagé par la FIF contre la CAF  pour que la Côte d’Ivoire ne perde pas la CAN  2021 n’est-il pas  une cause nationale qui aurait dû amener  les clubs du GX  à être solidaire de son mandataire ?

 Une cause nationale ne veut pas dire qu’il faut foncer droit dans le mur. Même le gouvernement a mis balle à terre en attendant  l’arrivée du président Ahmad Ahmad. Pendant que l’ Etat opte pour  le dialogue, nous constatons que la FIF joue au va-t-en guerre contre la CAF.  La CAN en 2023 ne gêne pas la Côte d’Ivoire. A moins que la FIF ait un agenda caché.

 Est-ce donc la posture va-t-en-guerre de la Fédération  vous déplait ?

En effet, nous ne sommes pas d’accord avec cette attitude de va-t-en-guerre de la FIF. Nous ne souhaitons pas la suivre dans cette posture de celui qui détruit tout sur son passage. Cette levée  de bouclier n’a  pas son sens.

 

 

 

 

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